La visite du Pape Léon XIV au Cameroun, prévue du 15 au 18 avril 2026, suscite de nombreuses interrogations, notamment sur son rôle potentiel dans une transition politique. Selon Jean Claude Mbede Fouda, journaliste camerounais basé en Italie, cette visite pourrait être l'occasion pour le Saint-Père de convaincre le président Paul Biya de quitter le pouvoir. Mbede Fouda déplore que cette négociation se fasse sans l'implication de l'opposition camerounaise, qu'il qualifie de « la plus bête du monde », reprenant les termes utilisés par Jeune Afrique.
Le programme officiel prévoit une arrivée du Pape à Yaoundé le 15 avril, suivie d'une rencontre avec le chef de l'État Paul Biya et d'une grande messe au Stade Ahmadou Ahidjo. Cet événement religieux devrait rassembler des milliers de fidèles venus de tout le pays. Cependant, derrière cette façade religieuse, seProfile une dimension politique importante.
Selon Jean Claude Mbede Fouda, ce sont les évêques de l'Église catholique qui ont invité le Pape, espérant qu'il puisse user de son influence pour persuader le président Biya de céder sa place. L'archevêque de Bamenda serait d'ailleurs à Rome pour préparer activement cette visite. Cette démarche de l'Église catholique témoigne de son rôle important dans le paysage sociopolitique camerounais.
« Oui, la visite du pape est une opportunité que l’opposition aurait dû saisir. Faute de quoi, on risque de se retrouver avec une entente entre barons du régime sortant », avertit Jean Claude Mbede Fouda. Il souligne ainsi l'importance pour l'opposition de s'impliquer dans ce processus de transition, afin d'éviter une situation où seuls les intérêts du régime en place seraient pris en compte.
L'Église catholique au Cameroun, forte de son influence et de son réseau à travers le pays, apparaît comme un acteur clé dans la recherche d'une solution à la crise politique. La visite du Pape Léon XIV pourrait donc marquer un tournant décisif dans l'avenir politique du Cameroun.
Le Cameroun a déjà été visité par le Pape Jean-Paul II à deux reprises, et par le Pape Benoît XVI en 2009.
L'annonce de la visite papale a suscité des réactions mitigées, certains craignant une instrumentalisation de l'événement par le pouvoir en place. Des voix se sont élevées, notamment au sein de la diaspora camerounaise, pour demander au Pape de ne pas cautionner un régime qu'ils qualifient de dictatorial.
La visite du Pape Léon XIV se déroulera dans un contexte politique et sécuritaire tendu au Cameroun, marqué par la crise anglophone et les contestations post-électorales. L'enjeu de cette visite est donc de taille, tant pour l'avenir politique du pays que pour le rôle de l'Église catholique dans la promotion de la paix et de la réconciliation.
L'archevêque de Bamenda, Andrew Nkea, a déclaré que le Pape viendrait « comme un ambassadeur de la paix et un apôtre de la réconciliation ».