Le 16 mars 2026, à Bafoussam, un nouveau-né a été sauvé d'une mort certaine grâce aux cris qui ont alerté les riverains. L'enfant avait été abandonné dans une fosse septique par sa mère après l'accouchement. L'incident, survenu dans le chef-lieu de la région de l'Ouest, met en lumière les problèmes de protection maternelle et infantile dans les zones urbaines du Cameroun.
Les habitants d'un quartier résidentiel de Bafoussam ont été réveillés à 5 heures du matin par des gémissements inhabituels. Pensant d'abord à un chat errant, ils ont fini par localiser les pleurs près d'une fosse septique située derrière une maison. C'est là qu'ils ont découvert le bébé, un garçon, avec le cordon ombilical encore enroulé autour du cou.
L'intervention des voisins a été rapide et cruciale. Ils ont mis en place un système de fortune pour sortir le nourrisson de la fosse. Après l'avoir remonté, ils l'ont enveloppé dans des tissus et l'ont emmené à l'hôpital régional de Bafoussam. Les médecins ont confirmé que l'état du bébé était stable, qualifiant sa survie de « miracle ». Pendant ce temps, les forces de l'ordre ont ouvert une enquête pour retrouver la mère.
Ce sauvetage met en évidence une réalité préoccupante au Cameroun : les grossesses non désirées et l'abandon d'enfants, souvent liés à la précarité. La région de l'Ouest, densément peuplée, est confrontée à des difficultés socio-économiques croissantes, ce qui surcharge les services sociaux d'urgence. L'acte désespéré de la mère soulève la question du manque de mécanismes d'aide discrète, tels que les boîtes à bébés ou les accouchements sous X.
La survie du nouveau-né a tenu à deux éléments clés. Premièrement, la présence d'air dans la fosse septique a empêché l'asphyxie immédiate. Deuxièmement, la réaction rapide des voisins a transformé une potentielle tentative d'infanticide en une opération de sauvetage. Leur intervention a réduit le temps d'exposition du bébé aux dangers de la fosse.
Cette affaire pourrait relancer le débat sur l'éducation sexuelle et la contraception dans les écoles camerounaises. Le ministère de la Santé publique pourrait lancer une campagne de sensibilisation sur les alternatives à l'abandon sauvage, notamment les lieux de recueil légaux pour les nouveau-nés. L'objectif est de réduire la mortalité infantile liée à ces abandons.
À plus long terme, cet événement pourrait inciter à une réforme du code pénal concernant l'abandon d'enfants. Le Cameroun pourrait s'inspirer de pays comme la Côte d'Ivoire ou le Sénégal, qui ont partiellement dépénalisé l'abandon sous conditions de confidentialité. Cependant, un changement des mentalités reste essentiel pour éviter de tels drames.
Combien d'autres nouveau-nés ne bénéficieront pas d'une telle chance, faute de quelqu'un pour entendre leurs cris ?