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Un an après le drame de Souldé-Roua : les corps « confisqués », les familles en deuil et les chercheurs réduits au silence

Un an après le drame de Souldé-Roua, les familles des victimes attendent toujours les obsèques promises. Les corps sont bloqués à la morgue, et les chercheurs sont empêchés d'honorer la mémoire de leu

Un an après le drame de Souldé-Roua : les corps « confisqués », les familles en deuil et les chercheurs réduits au silence
Actualités Cameroun

Le 2 mars 2026 marque le premier anniversaire du drame de Souldé-Roua, au cours duquel trois citoyens camerounais ont été brûlés vifs dans le village de Mbalda, département du Mayo-Tsanaga. Les victimes étaient Frédéric Mounsi, chercheur au Centre de recherches géologiques et minières de l’université de Garoua, le Dr Bienvenue Bello, enseignant vacataire à l’université de Garoua, et leur accompagnateur, Oumarou Kabalay.

Un an après les faits, les familles des victimes n'ont toujours pas fait leur deuil, car les promesses du gouvernement concernant l'organisation des obsèques n'ont pas été tenues. Alban Ngatchou, président national du Syndicat national des chercheurs du Cameroun (Synac), déplore le manque d'avancement des procédures malgré les décorations décernées par le président de la République.

Selon M. Ngatchou, après l'extraction des corps, le gouvernement a empêché les proches d'organiser les obsèques et a proposé aux familles des sommes d'argent qu'elles ont refusées, car l'objectif de ces enveloppes n'était pas clair. Les corps ont ensuite été transférés à la morgue de l'hôpital militaire de Maroua sur ordre du gouverneur de l'Extrême-Nord, et depuis, la situation est bloquée.

Baissou, l'oncle de Frédéric Mounsi, exprime son désarroi face au blocage des corps et implore les autorités de restituer ne serait-ce que la tête de son neveu pour qu'il puisse être enterré auprès de ses parents. La mère de Frédéric Mounsi est décédée le 11 septembre 2025, six mois après le drame, des suites du choc psychologique.

Le Synac dénonce la souffrance infligée aux familles, le non-respect de la dignité humaine et le refus du gouvernement d'autoriser les chercheurs à honorer la mémoire de Frédéric Mounsi dans son institut de recherche. Toutes les initiatives entreprises par les chercheurs ont été interdites, et un sit-in à Garoua a été réprimé. Le président du Synac, Alban Ngatchou, a été renvoyé à son administration d'origine après avoir été détaché à l'Institut de recherche agricoles pour le développement (Irad).

Le 2 mars 2025, les trois hommes avaient été pris à tort pour des éléments de Boko Haram et lynchés par des villageois à Souldé-Roua. La gendarmerie, présente sur les lieux, n'était pas intervenue. Les enquêtes ont mené à l'arrestation de 26 personnes, dont le chef traditionnel de Mbalda. Le 26 mars 2025, le président de la République a décoré à titre posthume les deux chercheurs et leur accompagnateur. L'affaire est toujours en instruction devant le tribunal de grande instance de Mokolo.

Un an après ce drame, les corps des victimes sont toujours à la morgue, les familles sont en deuil et les initiatives des chercheurs pour honorer leurs collègues sont réprimées.

Source : www.newsducamer.com