Le Barreau du Cameroun a exprimé sa vive inquiétude face à la situation des droits de l'homme dans le contexte post-électoral actuel. Dans un communiqué rendu public par son Bâtonnier, Éric Mbah, l'institution dénonce une dégradation de la sécurité et appelle le Conseil Constitutionnel à proclamer des résultats qui reflètent fidèlement la volonté du peuple camerounais.
L'organisation d'avocats condamne fermement toutes les formes de violence, notamment les actes de destruction et de vandalisme survenus à Dschang, incluant l'incendie des tribunaux. Elle souligne les conséquences graves de la perte d'archives judiciaires et d'informations essentielles relatives à l'état civil et au casier judiciaire.
Le Barreau s'alarme particulièrement des agissements des forces de maintien de l'ordre, pointant du doigt des incidents tragiques et des arrestations qui, selon lui, restent à élucider. L'institution dénonce des procédures légales non respectées et un caractère ciblé dans ces interpellations. Parmi les cas qui suscitent une vive consternation, le communiqué évoque des violences exercées sur des mineurs travaillant dans le secteur informel, qui n'avaient aucun lien avec les manifestations post-électorales, mais qui ont été interpellés sur leur lieu de travail.
Le Bâtonnier Éric Mbah rappelle que le droit de manifester est un droit universel et inaliénable. Il insiste sur le fait que nul ne peut être privé du droit d'exprimer pacifiquement son désaccord face à l'injustice ou pour la défense de ses droits.
Le Barreau du Cameroun rappelle aux autorités que la Constitution camerounaise consacre des droits fondamentaux tels que le droit à la vie, à l'intégrité physique et morale, à la liberté et à la sécurité, à la liberté d'aller et venir, à la liberté de communication, à la liberté d'expression, à la liberté de presse, à la liberté de réunion, à la liberté d'association, à la liberté syndicale et le droit de grève. L'organisation estime que les incidents récents violent également plusieurs articles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment les articles 6, 9, 12, 18 et 19.
En conséquence, le Barreau exige la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées et détenues pendant cette période post-électorale en violation des procédures légales et des libertés fondamentales. L'appel est lancé à tous les acteurs pour qu'ils fassent preuve de retenue et de responsabilité afin d'apaiser les tensions et de garantir le respect des droits de chaque citoyen. La situation post-électorale demeure tendue, et l'appel du Barreau met en lumière les enjeux cruciaux liés au respect des droits humains et à la transparence du processus électoral.