Le Niger a convoqué la chargée d'affaires de l'Union européenne, Nicoletta Avella, pour exprimer son mécontentement face à une résolution du Parlement européen concernant l'ancien président Mohamed Bazoum. Cette action souligne les tensions persistantes entre le Niger et l'UE depuis le coup d'État de juillet 2023.
Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a rencontré Nicoletta Avella à Niamey pour notifier la position du gouvernement. La convocation fait suite à l'adoption d'une résolution par le Parlement européen qui exige la libération immédiate et sans condition de Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d'État.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement nigérien a exprimé son « indignation » face à ce qu'il considère comme une « ingérence de l'Union européenne dans les affaires intérieures du Niger ». Cette réaction ferme illustre la détérioration des relations entre le Niger et l'UE depuis le renversement du président Bazoum.
La résolution du Parlement européen condamne également la détention de Mohamed Bazoum et de son épouse, soulignant qu'ils seraient détenus sans accès à des avocats ni visites familiales, et ne recevraient que des soins médicaux limités. Le Parlement européen s'inquiète également de la répression des acteurs politiques, des journalistes et de la société civile au Niger, appelant à un rétablissement de l'ordre démocratique.
Le coup d'État de 2023 a plongé le Niger dans une crise politique, entraînant des sanctions internationales et une suspension de l'aide de plusieurs partenaires étrangers. La situation humanitaire s'est également détériorée, avec près d'un million de personnes déplacées et trois millions ayant besoin d'une assistance humanitaire. L'UE, qui était un partenaire clé du Niger dans la région du Sahel, a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation.
La convocation de la chargée d'affaires de l'UE témoigne de la complexité des relations entre le Niger et l'Union européenne dans le contexte actuel. L'avenir politique du Niger et ses relations avec la communauté internationale restent incertains.
La situation au Niger s'inscrit dans une tendance régionale inquiétante de recul démocratique et de coups d'État militaires au Sahel.