Au Cameroun, la scène politique est marquée par une vive controverse alors que l'opposition dénonce la prolongation des mandats des députés et agite le spectre d'une vice-présidence non élue. Cette situation tendue survient dans un contexte où le gouvernement justifie ces mesures par des contraintes financières et organisationnelles liées à la tenue d'élections majeures en 2025.
Hiram S. Iyodi, figure de l'opposition, a exprimé ses préoccupations via les réseaux sociaux, alertant sur une possible atteinte à la souveraineté du peuple camerounais. Il craint que la prorogation des mandats, déjà appliquée aux députés, ne soit étendue aux conseillers municipaux, privant ainsi les citoyens de la possibilité de renouveler leurs représentants locaux. De plus, il a fermement condamné l'idée d'une vice-présidence non issue d'un vote populaire, la qualifiant d'illégale et antidémocratique.
L'opposition camerounaise, qui cherche à consolider ses forces, voit dans la défense des mandats électifs un combat commun. Elle s'inquiète de la suppression de toute limite aux prolongations des mandats, une mesure qui rappelle la révision constitutionnelle de 2008 concernant le mandat présidentiel. La crainte d'un verrouillage total des scrutins locaux усиливает leur détermination à contester ces décisions.
Le gouvernement justifie ces prolongations par des difficultés budgétaires liées à l'organisation de l'élection présidentielle d'octobre et des élections régionales de novembre 2025. Cependant, l'opposition dénonce une violation de l'article 15 de la Constitution, qui fixe la durée du mandat des membres de l'Assemblée Nationale. Selon elle, le régime érige l'exception en règle, fragilisant ainsi les institutions démocratiques du pays.
Face à cette situation, l'opposition pourrait intensifier la pression populaire, notamment par le biais de marches organisées par la société civile. L'objectif est clair : faire des prochaines élections un moment de changement et capitaliser sur le mécontentement suscité par ces prorogations. La question d'une vice-présidence nommée reste également un point de vigilance majeur, car une telle décision modifierait profondément l'équilibre des pouvoirs et rendrait la succession de Paul Biya encore plus incertaine.
La prorogation du mandat des députés a été adoptée par l'Assemblée Nationale le 23 mars 2026, prolongeant leur mandat jusqu'au 20 décembre 2026. Cette décision, qui intervient après un premier report, suscite de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Patricia Tomaïno Ndam Njoya a notamment déclaré que cette prolongation est un « signe d'abandon de la démocratie ». L'avenir politique du Cameroun reste incertain, alors que l'opposition se mobilise pour défendre les principes démocratiques et contester ce qu'elle considère comme une confiscation du pouvoir.