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Taxe sur le Mobile Money : Yvon Sana Bangui (BEAC) propose de taxer le cash pour booster l'inclusion financière

Yvon Sana Bangui (BEAC) propose de taxer l'utilisation du cash plutôt que le Mobile Money pour favoriser l'inclusion financière en Afrique centrale. Une approche qui vise à encourager la transparence

Taxe sur le Mobile Money : Yvon Sana Bangui (BEAC) propose de taxer le cash pour booster l'inclusion financière
Économie & Développement

Le gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a plaidé pour une révision de la politique fiscale sur le Mobile Money lors d'un sommet sur l'interopérabilité des paiements qui s'est tenu à Kigali le 9 mars 2026. Représentant la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), il a suggéré de taxer l'utilisation du numéraire plutôt que les transactions numériques, une approche qui, selon lui, favoriserait l'inclusion financière.

S'exprimant devant des décideurs financiers africains et internationaux, Yvon Sana Bangui a mis en avant les avancées de la CEMAC en matière d'intégration financière, notamment la plateforme GIMAC Pay et l'adhésion prochaine au Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS). Ce dernier vise à faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies locales et à réduire la dépendance aux réserves de change.

Le gouverneur a toutefois exprimé des préoccupations quant à la multiplication des taxes sur le Mobile Money, les qualifiant de « régulation parallèle » qui entrave l'adoption des paiements numériques. Au Cameroun, par exemple, une taxe de 0,2 % est appliquée sur les transferts et retraits Mobile Money depuis 2022, avec un droit spécifique additionnel de 4 francs CFA par transaction introduit par la loi de finances 2025. Ces mesures peuvent augmenter considérablement les coûts de transaction.

Pour Sana Bangui, une solution alternative serait de taxer l'utilisation du cash, perçu comme un vecteur d'opacité et de fraude. Cette approche encouragerait la traçabilité des flux financiers et réduirait l'économie informelle. L'idée est d'instaurer des droits de timbre sur les paiements en espèces et des pénalités fiscales pour les acteurs économiques privilégiant le numéraire.

L'inclusion financière reste un défi majeur dans la zone CEMAC. Au Cameroun, le taux de bancarisation classique oscille autour de 24 à 28 %. Cependant, grâce à la microfinance et au Mobile Money, le taux global d'inclusion financière est estimé à environ 45 % en 2021 et aurait dépassé 50 % en 2023. Les services de paiement mobile couvrent plus de 67 % des adultes, mais la stratégie nationale vise un taux de 65 % d'inclusion financière d'ici 2027, en ciblant particulièrement les zones rurales et les populations vulnérables.

Plusieurs pays de la CEMAC ont adopté des approches différentes en matière de taxation du Mobile Money. Le Cameroun applique une taxe de 0,2 % sur les transferts et retraits d'argent mobile depuis janvier 2022, complétée par un droit fixe de 4 francs CFA par transaction en 2025. Le Gabon a envisagé une taxe de 0,5 % sur les transactions électroniques dans le cadre de son budget 2025. À l'inverse, le Tchad prévoit de supprimer les taxes sur les transferts d'argent, initialement introduites en 2022, reconnaissant la nécessité de soutenir les écosystèmes financiers numériques.

L'objectif d'une inclusion financière accrue est de soutenir le développement économique local en mobilisant l'épargne pour financer les activités productives, notamment dans les régions à fort potentiel économique. La BEAC ambitionne d'atteindre un taux d'inclusion financière de 75 % dans la sous-région d'ici 2030.

Source : www.newsducamer.com