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Shanda Tonme dénonce les dérives de la loi sur la liberté d'association au Cameroun

Shanda Tonme dénonce l'instrumentalisation de la loi sur la liberté d'association au Cameroun par des individus mal intentionnés, appelant à une utilisation responsable pour le progrès du pays.

Shanda Tonme dénonce les dérives de la loi sur la liberté d'association au Cameroun
Actualités Cameroun

L'éminent juriste et figure de la société civile camerounaise, Shanda Tonme, a récemment dénoncé ce qu'il qualifie de « grand bordel » autour de la loi n°90/053 du 19 décembre 1990 sur la liberté d'association au Cameroun. Selon lui, cette loi, initialement conçue comme un instrument d'ouverture démocratique et d'émancipation citoyenne, est devenue une arme entre les mains de personnes mal intentionnées qui sèment le désordre et défient l'État de droit.

Tonme, connu pour son rôle de médiateur universel et de président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (Comicodi), estime que beaucoup de Camerounais ne mesurent pas encore pleinement la portée et les implications de cette loi sur leur vivre ensemble et leur système de gouvernance. Il souligne que cette loi, adoptée dans un contexte de revendications pour des réformes démocratiques, avait pour but de permettre aux citoyens de se réunir et de s'organiser librement pour œuvrer ensemble au bien collectif.

Cependant, l'avocat constate avec regret que de nombreuses associations sont aujourd'hui confrontées à des scandales, des détournements et des luttes intestines. Il dénonce des individus malhonnêtes qui utilisent la loi sur la liberté d'association comme un moyen de s'enrichir personnellement, au détriment des projets et des objectifs humanitaires ou éducatifs. Il déplore également la corruption qui gangrène le pays et qui permet à ces individus d'acheter des décisions de justice et de détruire les associations.

Shanda Tonme critique également l'implication d'agents publics qui, selon lui, cèdent aux trafics d'influence et aux complicités, y compris dans des institutions telles que les universités privées et les structures sanitaires. Malgré ces dérives, il insiste sur le fait que la loi n°90/053 demeure une conquête démocratique importante et un instrument d'émancipation sociale. Il appelle les membres intègres des associations à combattre les malfaiteurs et à préserver l'essentiel de leurs projets.

La loi n°90/053 du 19 décembre 1990 établit les principes de la liberté d'association au Cameroun, permettant à toute personne de créer ou de rejoindre des associations sous certaines conditions. Les associations doivent être déclarées pour acquérir la personnalité juridique et sont soumises à des régimes de déclaration ou d'autorisation. En 2020, la loi a été modifiée et complétée.

En dépit des critiques, Shanda Tonme encourage les citoyens à s'approprier cet instrument juridique pour faire avancer leurs projets et contribuer au développement du pays. Il reste convaincu que la loi sur la liberté d'association peut être un véritable levier de progrès si elle est utilisée de manière responsable et éthique. Il est professeur à l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC).

Source : actucameroun.info