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Sénégal : L'ONU exhorte le président à ne pas promulguer la loi anti-LGBT+

L'ONU exhorte le Sénégal à ne pas promulguer une loi durcissant les sanctions contre les relations homosexuelles, craignant des violations des droits humains et une discrimination accrue.

Sénégal : L'ONU exhorte le président à ne pas promulguer la loi anti-LGBT+
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L'Assemblée nationale sénégalaise a adopté, le mercredi 11 mars 2026, une réforme de l'article 19 du code pénal qui durcit considérablement les sanctions contre les relations entre personnes du même sexe. Cette modification a été approuvée par 135 voix, sans opposition et avec trois abstentions.

La nouvelle législation prévoit des peines de cinq à dix ans de prison ferme pour toute personne reconnue coupable d'actes homosexuels, augmentant ainsi la peine précédente d'un à cinq ans. Les amendes ont également été revues à la hausse, passant de 1,5 million à dix millions de francs CFA. La réforme apporte une clarification juridique en incluant explicitement les relations sexuelles entre personnes du même sexe dans la notion d'« acte contre nature ». De plus, elle introduit deux nouvelles infractions : l'apologie de l'homosexualité et son financement, passibles de trois à sept ans d'emprisonnement.

Le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a qualifié cette loi de néfaste et discriminatoire, exhortant le président Macky Sall à ne pas la promulguer. Selon lui, cette législation viole plusieurs droits humains fondamentaux, notamment le respect, la dignité, la vie privée et l'égalité, tout en menaçant les libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique. Türk a souligné les conséquences potentielles de cette loi, notamment l'exposition de la population sénégalaise à des crimes de haine, des abus, des arrestations arbitraires, du chantage et une discrimination généralisée dans des secteurs tels que l'éducation, la santé, l'emploi et le logement.

Le président Sall se trouve ainsi face à un dilemme : promulguer la loi, risquant l'isolement diplomatique du Sénégal, ou la refuser, ce qui pourrait engendrer une crise politique avec l'Assemblée. Cette décision aura des implications profondes sur la place du Sénégal sur la scène internationale et sur la protection des droits humains sur le continent africain.

L'adoption de cette loi intervient dans un contexte de répression accrue contre les personnes LGBT au Sénégal, avec des arrestations récentes et une intensification de l'hostilité à leur égard. Des organisations de défense des droits humains, telles que Human Rights Watch, ont dénoncé ces arrestations et appelé le gouvernement à protéger les droits des personnes LGBTQIA+. Le Haut-commissaire a rappelé que les droits menacés par cette loi sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l'homme et les traités relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie.

Source : www.camer.be