Depuis son arrivée à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) en 2021, Samuel Eto’o a souvent été au centre de controverses, notamment concernant la gestion financière de l'organisation. Face aux accusations de mauvaise gouvernance et aux soupçons de détournement de fonds, l'ancien capitaine des Lions Indomptables a tenu à clarifier sa position, affirmant qu'il est avant tout un « ordonnateur des dépenses » et non un gestionnaire direct des fonds.
Eto'o explique que le processus budgétaire est structuré et implique plusieurs administrations. Les équipes techniques de la FECAFOOT élaborent le budget, qui est ensuite transmis au ministère des Sports, avant d'être validé au sommet de l'État. Ce circuit, qui inclut potentiellement la Primature et la Présidence, dilue les responsabilités financières, rendant infondée l'accusation d'un détournement direct par le président de la fédération. Il insiste sur le fait que « l’ordonnateur ne touche pas l’argent », dénonçant une confusion entretenue dans l’opinion publique.
Un point central de la clarification d'Eto'o concerne la nature du budget fédéral. Il souligne que les montants évoqués pour les Lions Indomptables ne se limitent pas aux primes et salaires des joueurs. Cette enveloppe budgétaire couvre également les frais de souveraineté, les missions diplomatiques, les dispositifs sécuritaires et la logistique gouvernementale liés aux déplacements internationaux de l'équipe. Eto'o affirme même ne pas être inclus dans cette répartition budgétaire.
Pour contrer les soupçons de malversations, Samuel Eto’o a mis en place une réforme axée sur la traçabilité des paiements, en privilégiant les virements bancaires. Cette mesure vise à rompre avec les pratiques opaques du passé et à garantir une plus grande transparence dans la gestion financière de la FECAFOOT.
Enfin, Eto'o assume un style de gouvernance ferme, voire autoritaire. Il se dit ouvert aux critiques constructives, mais refuse de se laisser distraire par ceux qu'il accuse de manipulation et de mensonges. Sa déclaration « Si c’est parce que je n’écoute pas ces gens que vous dites que je suis un dictateur, alors je suis un bon dictateur » témoigne de sa détermination à mener les réformes qu'il juge nécessaires pour moderniser le football camerounais. La gestion de la FECAFOOT, dans un contexte où le football est une affaire d'État, soulève des enjeux politiques, économiques et symboliques importants. Au-delà des chiffres et des procédures, c'est la confiance dans la gouvernance du football camerounais qui est en jeu.