L'ancien militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Saint-Eloi Bidoung, a publié une tribune largement diffusée sur les réseaux sociaux, critiquant sévèrement le président Paul Biya. Selon Bidoung, le chef de l'État est devenu « aveugle, sourd et muet », incapable de voir les réalités du pays et de prendre les décisions nécessaires.
Bidoung remet en question la capacité de Paul Biya à gouverner, affirmant qu'il ne fait qu'observer sans agir. Il critique notamment le fait que Biya ait laissé des directeurs de sociétés d'État rester en poste pendant des décennies, détourner des fonds publics en toute impunité et que des membres du gouvernement participent à des détournements de fonds destinés à des projets nationaux. Il dénonce également l'augmentation du chômage des jeunes diplômés, la prolifération des églises satanistes et l'enrichissement scandaleux des « entrepreneurs religieux ».
L'ancien militant du RDPC reproche également à Paul Biya de ne pas répartir équitablement les richesses du pays, favorisant une petite portion de citoyens au détriment de la majorité. Il cite l'exemple de la région du Centre, qui serait la mieux lotie en termes de bénéficiaires de fonds publics détournés. Bidoung critique également le silence du président face aux détournements massifs de fonds destinés à la lutte contre le Covid-19 et à la construction des stades de la CAN.
Bidoung accuse Biya d'écouter ses courtisans plutôt que d'entendre les souffrances du peuple. Il mentionne les cris de douleurs des enseignants, des infirmières et des jeunes diplômés réduits au chômage. Il conclut en affirmant que lorsqu'un président ne voit plus, n'entend plus et ne dit plus rien, la sagesse recommande qu'il quitte le pouvoir.
Ce n'est pas la première fois que Saint-Eloi Bidoung critique ouvertement Paul Biya. En avril 2024, il avait dénoncé une manœuvre de diversion orchestrée par Biya et Samuel Eto'o Fils, qualifiant l'affaire MINSEP/FECAFOOT de stratagème visant à détourner l'attention du peuple camerounais. En 2023, il avait critiqué le bilan de Biya en matière d'enseignement supérieur, soulignant le manque d'investissement dans les infrastructures universitaires.
La tribune de Saint-Eloi Bidoung intervient dans un contexte de grogne sociale et de critiques croissantes à l'égard du régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Son appel à la démission du président pourrait raviver le débat sur la succession et l'avenir politique du Cameroun.