Les récents changements à l'Assemblée nationale et au Sénat du Cameroun ont suscité des réactions mitigées au sein de la classe politique. Le 17 mars 2026, l'honorable Théodore Datouo a succédé à Cavaye Yeguié Djibril, qui occupait le poste de président de l'Assemblée nationale depuis 1992. Au Sénat, Aboubakary Abdoulaye a pris la relève de Marcel Niat Njifenji.
Pour Hiram Samuel Iyodi, président du Mouvement Patriotique pour la Prospérité du Peuple (MP3) et candidat malheureux à l'élection présidentielle d'octobre 2025, ces changements ne représentent pas une véritable alternance. Il estime que le parti au pouvoir a simplement remplacé des figures loyales par d'autres, assurant ainsi la continuité du régime en place.
« Ces élections, qui semblent indiquer un renouvellement de leadership à la tête des institutions parlementaires, ne sont en réalité que des nominations de fidèles piliers du régime, qui appartiennent tous à la tranche des 3 % de la population camerounaise âgée de 65 ans et plus », a déclaré Iyodi dans un communiqué publié le 18 mars 2026. Il perçoit ces manœuvres comme une tentative d'endiguer la rupture entre le régime et la population, particulièrement dans les régions du Septentrion, de l’Ouest et du Littoral.
L'élection de Théodore Datouo, précédemment vice-président de l'assemblée et député de Bangou dans la région de l'Ouest, a mis fin aux 34 ans de mandat de Cavaye Yeguié Djibril. Cavaye Yeguié Djibril, qui représentait Mayo-Sava, avait supervisé la construction du nouveau siège du parlement, surnommé le « Palais de verre Paul Biya ».
Aboubakary Abdoulaye, sénateur du Nord depuis 2013 et ancien premier vice-président du Sénat, devient ainsi la deuxième personne à occuper ce poste depuis la création de l'institution en 2013. Il a été élu avec 100% des voix après que le comité central du RDPC ait demandé à ses membres de le soutenir. Agé de 61 ans, il est désormais le successeur constitutionnel du président de la République en cas de vacance.
Ces changements interviennent dans un contexte où des préoccupations avaient émergé quant à la capacité de Cavaye Yeguié Djibril à diriger, en raison de son âge et de problèmes de santé. L'absence de ce dernier lors de l'ouverture de la session ordinaire du parlement en mars avait alimenté les spéculations sur une transition imminente. Pour Hiram Samuel Iyodi, ces nominations ne font que perpétuer le système en place.