Denis Sassou-Nguesso, âgé de 82 ans et cumulant déjà 42 ans au pouvoir, a été réélu pour un nouveau mandat à la présidence du Congo-Brazzaville. Les résultats de l'élection présidentielle du 15 mars 2026 lui accordent 94,82 % des voix. Cette victoire, annoncée par le ministre de l'Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou à la télévision nationale, prolonge son règne jusqu'en 2031.
Le scrutin s'est déroulé dans un contexte particulier. L'accès à internet a été coupé le jour du vote, une mesure qui a poussé certains habitants à chercher des connexions de l'autre côté du fleuve Congo, en République Démocratique du Congo. De plus, les principaux partis d'opposition ont boycotté l'élection, dénonçant des pratiques électorales inéquitables. Deux figures de l'opposition, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont emprisonnées depuis 2018 et 2019, ayant été condamnées à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure ».
Les chiffres officiels font état de 2 507 038 voix pour Sassou-Nguesso, avec un taux de participation de 84,65 %. En comparaison, les six autres candidats ont obtenu moins de 2 % des voix chacun. Destin Gavet, qui avait revendiqué la victoire avant l'annonce des résultats, a terminé avec 0,87 %. Toutefois, des journalistes présents sur le terrain ont rapporté des bureaux de vote vides et une forte présence militaire dans la capitale.
Sassou-Nguesso a accédé au pouvoir pour la première fois en 1979. Son long règne a été marqué par des critiques concernant la répartition des richesses pétrolières du pays et des accusations de corruption. En 2015, un référendum constitutionnel a supprimé les limites d'âge et de mandat présidentiel, lui permettant de se présenter à nouveau.
La Cour constitutionnelle dispose de 15 jours pour valider les résultats définitifs de cette élection. À 87 ans, Denis Sassou-Nguesso se prépare donc à entamer un nouveau quinquennat à la tête du Congo-Brazzaville.