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Prison de Kondengui : un détenu politique poignardé par l'assassin d'Avenur Ava

Un prisonnier politique, Michel Deugoue, a été poignardé à la prison de Kondengui par l'assassin présumé d'Avenur Ava, soulevant des questions sur la sécurité et la gestion des détenus.

Prison de Kondengui : un détenu politique poignardé par l'assassin d'Avenur Ava
Actualités Cameroun

Un incident violent a éclaté à la prison centrale de Kondengui, où un prisonnier politique nommé Michel Deugoue a été poignardé par un autre détenu. L'agresseur n'est autre que l'individu présumé coupable du meurtre d'Avenur Ava, une figure culturelle camerounaise dont la disparition tragique avait profondément marqué l'opinion publique. Cette agression remet en question la sécurité des détenus et la gestion des profils à risque au sein de cette prison.

Les circonstances exactes de l'altercation restent floues. Selon des sources proches de l'enquête, une dispute aurait éclaté entre les deux hommes dans la cour de la prison, dégénérant rapidement en violence physique. L'agresseur, déjà incarcéré pour meurtre, aurait utilisé une arme artisanale pour attaquer Michel Deugoue. L'état de santé de la victime n'a pas été officiellement communiqué.

Michel Deugoue avait été arrêté en octobre 2025 suite à son soutien public à Issa Tchiroma Bakary, candidat à la dernière élection présidentielle. Après son arrestation, il aurait subi des actes de torture au commissariat central N°4 de Yaoundé, des faits dénoncés par des organisations de défense des droits de l'homme. Le commissaire Mindjom avait été directement mis en cause à l'époque. Quatre mois plus tard, Michel Deugoue est toujours en attente de jugement devant le tribunal militaire.

Cette détention provisoire prolongée sans procès met en lumière une problématique récurrente au Cameroun. Malgré son incarcération à Kondengui, aucune audience n'a été fixée pour Michel Deugoue. Cette situation de blocage judiciaire le maintient dans une incertitude permanente et l'expose aux dangers liés à la surpopulation carcérale.

L'agression soulève des questions sur la gestion des détenus dans les prisons camerounaises. Comment un prisonnier politique et un meurtrier notoire peuvent-ils se retrouver en contact direct ? Le manque de moyens et la surpopulation sont souvent pointés du doigt, mais cet incident met également en évidence un possible défaut de classification et de séparation des profils à risque.

L'affaire prend une dimension supplémentaire en raison des actes de torture que Michel Deugoue aurait subis lors de sa garde à vue. Ces actes, imputés au commissaire Mindjom, n'ont fait l'objet d'aucune enquête publique à ce jour. Cette impunité présumée fragilise la confiance dans le système judiciaire et ajoute un niveau de complexité à cette affaire.

Il est impératif de garantir la sécurité de Michel Deugoue et d'enquêter sur cette agression. Cet événement met en lumière la nécessité d'éliminer la torture lors des gardes à vue et de réduire les délais de jugement au Cameroun.

Source : www.camer.be