Le ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) a lancé un audit administratif qui pourrait mener à la radiation de plus de 3 000 enseignants. Ces enseignants sont appelés à justifier leur situation administrative après avoir été identifiés comme étant absents du territoire national.
Un communiqué radiodiffusé du 23 février 2026 (N°00696/MINESEC/SG/DRH/SDDRH/SFS), signé par la ministre Nalova Lyonga, enjoint les personnels concernés à se présenter d’urgence au ministère. La raison invoquée est leur présence à l’étranger, détectée lors d'une opération de collecte de données dans les aéroports du pays par le ministère des Finances. Ces données ont révélé que ces personnels du MINESEC avaient quitté le Cameroun sans que leur situation administrative n'ait été clarifiée.
Les enseignants concernés disposent d’un délai de quatorze jours, à compter de la date de publication du communiqué, pour se présenter au bureau 507 bis du MINESEC. Ils doivent impérativement se munir de toutes les pièces justificatives attestant de leur statut administratif actuel. Le ministère a précisé qu’à défaut de régularisation de leur situation dans les délais impartis, les agents concernés seront purement et simplement radiés de la solde de l’État.
Cette mesure intervient dans un contexte de renforcement du contrôle des effectifs et de la masse salariale au sein de la fonction publique camerounaise. Le gouvernement camerounais s'efforce de maîtriser les coûts salariaux et de s'assurer que seuls les employés actifs et en règle perçoivent une rémunération. Des initiatives similaires ont été entreprises par le passé, notamment en 2023, où plus de 1 500 enseignants avaient été appelés à justifier leur absence.
L'absentéisme des enseignants est un problème récurrent au Cameroun, qui perturbe la couverture des programmes scolaires et affecte la qualité de l'éducation. La ministre Nalova Lyonga avait d'ailleurs accusé certains directeurs d'établissements de protéger les enseignants absents. En 2024, le gouvernement avait même envisagé de bloquer les départs à l'étranger des enseignants, une mesure qui avait suscité l'opposition du barreau. Depuis 2018, plus de 4 500 employés de l'État ont été radiés dans le cadre de l'opération Coppe, visant à assainir le fichier de la fonction publique.