Le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a exprimé sa profonde tristesse face à la recrudescence du tribalisme au Cameroun. Cette problématique, selon lui, s'est intensifiée ces dernières années, affectant divers aspects de la vie sociopolitique du pays.
« Je suis très triste quand je vois cette situation. Je suis d’une génération où nous ne connaissions pas cela. Je suis très triste de voir que tout ce que l’on propose aux jeunes camerounais maintenant c’est la haine inter-ethniques », a déclaré Maurice Kamto. Il a rappelé son engagement constant contre toute tentative de tribaliser les relations humaines au Cameroun, soulignant que personne ne choisit son lieu de naissance.
Le tribalisme au Cameroun se manifeste par des discriminations, du népotisme et des discours de haine, particulièrement lors des élections. Avec plus de 240 groupes ethniques recensés, cette réalité menace la cohésion nationale. Malgré l'existence d'une loi de 2019 visant à réprimer ces dérives, le tribalisme persiste, alimenté par des discours clivants dans les médias et les réseaux sociaux, ainsi que par des inégalités dans l'accès à l'emploi et aux ressources.
Le tribalisme est considéré comme un obstacle majeur à la cohésion sociale et à la paix au Cameroun. Il est perçu comme une menace pour les sociétés démocratiques modernes, sapant la liberté individuelle et les valeurs universelles. Certains analystes politiques soulignent que le tribalisme est instrumentalisé à des fins politiques, notamment en période électorale.
Pour Maurice Kamto, le tribalisme est un « cancer » qui ronge la nation. Il invite les Camerounais à rejeter collectivement cette contre-valeur. En 2022, il expliquait que l'ethnisme naît d'une volonté d'affirmation conquérante ou d'une réaction de défense face à une menace d'anéantissement. Il soulignait également que le sentiment d'exclusion alimente le tribalisme dans la sphère politique.
La lutte contre le tribalisme nécessite une réponse collective et courageuse. Des mesures telles que la création d'un observatoire indépendant du tribalisme et des incitations fiscales pour les entreprises qui recrutent au-delà de leur bassin traditionnel ont été proposées.
La cérémonie d’hommage aux policiers décédés en service, organisée le 7 mars par la Délégation générale à la Sûreté nationale, rappelle l'importance de l'unité nationale et de la cohésion sociale face aux défis que rencontre le Cameroun.