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Massacre de Ngarbuh : Human Rights Watch dénonce des condamnations insuffisantes et réclame justice pour les victimes

Human Rights Watch dénonce l'insuffisance des peines prononcées pour le massacre de Ngarbuh et réclame une enquête approfondie sur les responsabilités, y compris au niveau de la hiérarchie militaire.

Massacre de Ngarbuh : Human Rights Watch dénonce des condamnations insuffisantes et réclame justice pour les victimes
Actualités Cameroun

Human Rights Watch (HRW) a vivement critiqué les peines prononcées par le tribunal militaire de Yaoundé à l'encontre des responsables du massacre de Ngarbuh, perpétré en février 2020 dans la région du Nord-Ouest du Cameroun. L'organisation de défense des droits humains estime que ces condamnations sont loin de répondre aux exigences de justice et de réparation pour les victimes et leurs familles.

Le 14 février 2020, le village de Ngarbuh avait été le théâtre d'une tuerie qui a coûté la vie à 21 civils, dont des femmes et des enfants. La semaine dernière, le tribunal militaire a reconnu coupables trois militaires et un milicien pro-gouvernemental, les condamnant à des peines allant de cinq à dix ans de prison. Si ces condamnations marquent une reconnaissance officielle des faits, HRW les juge insuffisantes, notamment en raison de l'absence de poursuites contre les supérieurs hiérarchiques potentiellement impliqués.

« Le verdict reflète un manque de volonté des autorités à engager la responsabilité des officiers supérieurs susceptibles d’avoir donné les ordres », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior pour l’Afrique à Human Rights Watch. Elle souligne que l'absence d'enquête sur la chaîne de commandement et le refus d'accorder des réparations aux familles des victimes « aggravent la souffrance des proches des victimes ».

HRW déplore que le procès n'ait pas permis d'établir pleinement les responsabilités ni d'offrir une réparation adéquate aux familles endeuillées. L'organisation insiste sur la nécessité d'enquêter sur le rôle des responsables militaires supérieurs dans ce massacre et de garantir que les victimes reçoivent une compensation juste et équitable. Dans un contexte de tensions persistantes dans les régions anglophones du Cameroun, HRW craint que cette décision judiciaire ne mine davantage la confiance de la population dans la capacité des institutions à rendre justice et à lutter contre l'impunité pour les violations des droits humains.

L'affaire de Ngarbuh reste un symbole des défis auxquels le Cameroun est confronté pour assurer la protection des civils et traduire en justice les auteurs de violations des droits humains, en particulier dans le contexte du conflit qui sévit dans les régions anglophones. Human Rights Watch continue d'appeler à une enquête impartiale et approfondie sur les événements de Ngarbuh, ainsi qu'à des mesures concrètes pour garantir la justice et la réparation pour les victimes.