Le gouvernement camerounais a décidé de sévir contre les véhicules anciens avec la loi de finances 2026. Cette nouvelle loi introduit un barème fiscal qui augmente considérablement le coût d'importation des voitures d'occasion, ciblant particulièrement les modèles les plus anciens.
L'importation de voitures d'occasion ne se fera plus à bon marché. Désormais, l'État fixe des droits d'assise progressifs basés sur l'année de fabrication du véhicule. Les véhicules de 12 à 20 ans seront taxés à 12,5 %, tandis que ceux de plus de 20 ans verront leur taux d'imposition grimper à 25 %. Cette mesure s'applique à toutes les catégories de véhicules, y compris les voitures de tourisme, les véhicules utilitaires, les bus et les remorques.
L'objectif principal est de moderniser le parc automobile national. Les autorités estiment que les routes camerounaises comptent encore trop de véhicules anciens, qui sont sources de pollution et d'insécurité. En augmentant le coût d'importation des modèles anciens, le gouvernement espère encourager les acheteurs à opter pour des véhicules plus récents.
Cette mesure vise principalement les importateurs professionnels de voitures d'occasion, dont le modèle économique repose sur l'achat à bas prix de véhicules anciens revendus avec une marge bénéficiaire. La nouvelle taxation devrait réduire cette marge ou la répercuter sur le consommateur final.
Le droit d'assise est un impôt indirect perçu par l'État sur certaines activités ou produits. Pour les véhicules importés, il s'ajoute aux droits de douane et à la TVA. En 2026, ce droit deviendra un outil majeur de la politique automobile camerounaise, visant à modifier les comportements d'achat.
Au-delà de l'importation, l'ensemble du secteur automobile devra s'adapter. Les garages spécialisés dans les modèles anciens pourraient voir leur clientèle diminuer, et les vendeurs de pièces détachées pour véhicules anciens pourraient également en subir les conséquences. Le message du gouvernement est clair : l'avenir appartient aux voitures plus récentes.
Cependant, cette réforme soulève des questions sur le pouvoir d'achat des ménages. Dans un pays où le marché des voitures neuves reste inaccessible pour beaucoup, les voitures d'occasion sont souvent la seule option de mobilité individuelle. En augmentant le coût des modèles anciens, l'État risque de priver certaines familles de leur unique moyen de transport.
Les importateurs craignent une chute des volumes importés et une flambée des prix sur le marché intérieur. Les véhicules déjà présents au Cameroun pourraient prendre de la valeur, rendant l'achat d'occasion encore plus difficile pour les classes moyennes.
Le gouvernement justifie également cette mesure par des préoccupations de sécurité routière et environnementales. Les véhicules anciens sont souvent impliqués dans des accidents en raison de freins défectueux ou de pneus usés, et ils polluent davantage.
Le Cameroun suit l'exemple d'autres pays d'Afrique de l'Ouest qui ont restreint l'importation de véhicules anciens. Reste à savoir si cette mesure atteindra ses objectifs sans créer de nouvelles inégalités. Les prochains mois diront si cette réforme produit les effets escomptés ou si elle creuse le fossé entre ceux qui peuvent se permettre une voiture récente et ceux qui resteront sur le bord de la route.