Une Camerounaise établie en France, Agnès Delaruelle, a publié une lettre ouverte virulente à l'attention de la Première Dame du Cameroun, Chantal Biya, critiquant son "extravagance du paraître" face aux difficultés rencontrées par de nombreux Camerounais. La lettre, diffusée le 9 mars 2026, au lendemain de la Journée internationale des femmes, exprime une "exigence de vérité" au nom de milliers de citoyens qui, selon l'auteure, subissent une "décrépitude morale".
Delaruelle reproche à Chantal Biya d'avoir transformé sa fonction en un simple "hangar", un lieu de stockage pour les apparences et les privilèges, loin de l'image de noblesse qu'elle devrait incarner. Elle dénonce le contraste frappant entre l'opulence affichée par la Première Dame et la précarité vécue par une grande partie de la population camerounaise. L'absence de réaction face aux drames sociaux, comme le cas d'une mère infanticide à Nkolbisson, est également pointée du doigt comme une faute morale.
La lettre critique également le Ministère de la Promotion de la Femme (Minproff), le décrivant comme une "coquille vide" où les budgets seraient davantage consacrés à la gestion de l'image de la Première Dame qu'à la protection des femmes. Delaruelle mentionne que des associations ont boycotté les célébrations officielles du 8 mars, refusant de cautionner ce qu'elles considèrent comme une mascarade.
Cette prise de position intervient dans un contexte où le train de vie de la présidence camerounaise est de plus en plus critiqué, ravivant le débat sur le rôle de la Première Dame et l'utilisation des fonds publics. La lettre ouverte pose une question fondamentale sur la relation entre les élites et le peuple, appelant Chantal Biya à "laisser la place à une nouvelle espérance".
Il reste à voir si cette critique virulente entraînera une réponse officielle ou un changement dans la perception du rôle de la Première Dame au Cameroun. D'autres personnalités camerounaises ont par le passé fait l'objet de répression pour avoir critiqué Chantal Biya, comme l'auteur Bertrand Teyou, emprisonné pour avoir écrit un livre sur elle.