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Le Nigeria rejette les allégations de rançon versée à Boko Haram pour la libération d'écoliers

Le gouvernement nigérian dément avoir versé une rançon à Boko Haram pour la libération de 230 écoliers enlevés, contredisant une enquête de l'AFP qui affirmait le contraire. Le ministre de l'Informati

Le Nigeria rejette les allégations de rançon versée à Boko Haram pour la libération d'écoliers
Afrique & Monde

Le gouvernement nigérian a catégoriquement démenti avoir versé une rançon au groupe terroriste Boko Haram en échange de la libération de 230 élèves enlevés en novembre dernier dans l'État du Niger. Cette réfutation fait suite à une enquête de l'Agence France-Presse (AFP) qui affirmait que le gouvernement avait versé sept millions de dollars et libéré deux commandants de Boko Haram pour obtenir la libération des élèves.

L'enlèvement des 230 élèves de l'école catholique Sainte Mary de Papiri, survenu le 23 novembre 2025, avait suscité une vive indignation au Nigeria. Selon l'AFP, des sources renseignées ont révélé que l'argent de la rançon aurait été acheminé par hélicoptère jusqu'à Gwoza, un bastion de Boko Haram situé dans l'État de Borno, près de la frontière avec le Cameroun.

Mohammed Idris, le ministre nigérian de l'Information et de l'Orientation nationale, a qualifié ces allégations de « totalement fausses et infondées ». Il a ajouté que ces informations portaient atteinte au professionnalisme et à l'intégrité des forces de sécurité nigérianes, engagées depuis plus de dix ans dans la lutte contre Boko Haram. Idris a insisté sur le fait que la libération des élèves était le résultat d'un travail de renseignement coordonné et d'une opération d'une précision chirurgicale.

Le gouvernement nigérian a adopté une ligne dure contre le paiement de rançons, allant jusqu'à adopter en 2022 une loi criminalisant cette pratique, passible de peines de prison allant jusqu'à 15 ans. Cependant, le Nigeria est aux prises avec une recrudescence des enlèvements de masse, alimentée par des groupes criminels et djihadistes.

Malgré les démentis officiels, des sources au sein des services de renseignement persistent à affirmer qu'une rançon a été versée. Les montants évoqués varient, allant de deux milliards de nairas à 40 millions de nairas par otage, soit environ 7 millions de dollars au total. L'enquête de l'AFP souligne les contradictions entre les déclarations officielles et les informations de sources anonymes, mettant en lumière la complexité de la situation sécuritaire au Nigeria.

Le gouvernement nigérian maintient que la libération des élèves a été obtenue sans concession aux ravisseurs et appelle les médias à la prudence face aux informations non vérifiées.