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Le manioc : un aliment de base camerounais potentiellement toxique

Le manioc, aliment de base au Cameroun, contient du cyanure. Une consommation régulière peut entraîner des problèmes de santé. Des solutions existent pour réduire les risques.

Le manioc : un aliment de base camerounais potentiellement toxique
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Le manioc, aliment de base pour des millions de Camerounais, dissimule une réalité préoccupante : il contient naturellement du cyanure. Cette information, bien que connue depuis des décennies, continue de susciter l'inquiétude quant à son impact sur la santé publique.

Originaire d'Amérique du Sud, le manioc a été introduit en Afrique au XVIe siècle par les colonisateurs portugais. Sa robustesse et sa facilité de culture en ont fait une solution pour nourrir rapidement les populations. Cependant, toutes les parties de la plante contiennent de la linamarine, un glycoside cyanogène, une forme naturelle de cyanure. La cuisson réduit la présence de ce poison, mais ne l'élimine jamais complètement.

En 1982, une conférence des Nations Unies tenue au Togo a mis en lumière les risques liés à la consommation régulière de manioc. Des scientifiques ont alors souligné l'exposition chronique au cyanure que cela entraînait. Ces études, bien que disponibles, restent méconnues du grand public.

L'ingestion régulière de petites doses de cyanure peut avoir des conséquences insidieuses sur la santé. Le cyanure traverse la barrière hémato-encéphalique et perturbe le fonctionnement des neurones, affectant la mémoire, l'apprentissage et la transmission nerveuse. Dans les régions du Cameroun où la consommation de manioc est élevée, des problèmes de santé tels que des troubles de la thyroïde, des goitres et des paralysies partielles ont été observés.

Le manioc a également un index glycémique élevé, ce qui peut favoriser le diabète de type 2 et l'obésité. De plus, il est pauvre en nutriments essentiels, ce qui peut entraîner des carences à long terme.

Si nos ancêtres consommaient du manioc sans effets néfastes apparents, c'est qu'ils utilisaient des méthodes de préparation traditionnelles rigoureuses, telles que le trempage prolongé, la fermentation et le séchage au soleil, pour réduire la teneur en cyanure. De plus, leur alimentation était plus diversifiée. Aujourd'hui, la consommation de manioc raffiné et transformé rapidement, associée à une alimentation peu variée, peut entraîner une accumulation de cyanure dans l'organisme.

Il ne s'agit pas d'éliminer complètement le manioc de notre alimentation, mais plutôt d'adopter une approche plus consciente. Réduire la consommation, diversifier les sources de glucides, revenir aux méthodes de préparation traditionnelles et associer le manioc à des aliments riches en soufre, comme l'ail et l'oignon, sont des mesures simples qui peuvent contribuer à réduire les risques pour la santé.

Source : www.237online.com