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Le DDHP accuse Brenda Biya d'impunité et appelle à une manifestation publique à Yaoundé

Le DDHP accuse Brenda Biya d'impunité suite à une plainte pour homosexualité et appelle à une manifestation devant le Palais de Justice de Yaoundé. L'organisation dénonce une justice à deux vitesses.

Le DDHP accuse Brenda Biya d'impunité et appelle à une manifestation publique à Yaoundé
Actualités Cameroun

Le mouvement DDHP (Debout contre la Dépénalisation de l’Homosexualité dans notre Pays) a publié deux déclarations en mars 2026, accusant Anastasie Brenda Biya, fille du président Paul Biya, de pratiques homosexuelles et dénonçant l’absence de poursuites judiciaires malgré une plainte déposée en juillet 2024. L'organisation a annoncé une « Grande Manifestation de Dignité » devant le Palais de Justice de Yaoundé pour protester contre ce qu'elle considère comme de l'impunité.

Le 9 juillet 2024, le DDHP a déposé une plainte auprès du procureur général, visant des publications sur les réseaux sociaux attribuées à Brenda Biya. Le mouvement considérait ces publications comme une violation de l’article 347-1 du Code pénal camerounais, qui réprime l’homosexualité. Neuf mois plus tard, aucune procédure n’a été engagée, ce que le DDHP dénonce comme un signe de l'influence du pouvoir exécutif sur le système judiciaire.

Dans sa déclaration du 21 mars 2026, le DDHP a dénoncé un « crépuscule de l’indépendance judiciaire », affirmant que la justice est devenue « une annexe servile du pouvoir exécutif » et qu'elle fonctionne par « renvoi d’ascenseur » au profit des proches du pouvoir. Le mouvement se positionne comme un défenseur des valeurs traditionnelles et religieuses, mêlant opposition à la dépénalisation de l’homosexualité et critique de l’impunité des élites.

Le DDHP utilise des outils juridiques formels, comme le dépôt d'une plainte et l'annonce d'un préavis de manifestation, pour se placer sur le terrain de la légalité tout en contestant l’inaction des institutions. L'organisation instrumentalise la morale publique pour peser sur l’agenda politique, présentant le refus de poursuivre Brenda Biya comme une preuve de « deux poids, deux mesures ».

L’annonce d’une manifestation publique crée un risque de tensions et pourrait polariser le débat national sur les questions de mœurs. Le DDHP appelle les Camerounais à se mobiliser, ce qui pourrait mettre en lumière les divisions existantes sur ces questions.

L’affaire Brenda Biya soulève une interrogation plus large sur l’égalité devant la loi. L’absence de poursuites renforcerait la perception d’une justice à deux vitesses, tandis qu'une intervention judiciaire ouvrirait une crise institutionnelle inédite. La question est de savoir si un État de droit peut tolérer que le statut familial suspende l’application de la loi, une question à laquelle les autorités devront répondre en autorisant ou non la manifestation et en donnant suite à la plainte.

En 2024, Brenda Biya, fille du président Paul Biya, a fait son coming-out en tant que lesbienne, espérant que sa décision pourrait contribuer à modifier la loi interdisant les relations homosexuelles dans le pays. Elle a partagé une photo d'elle embrassant sa partenaire, Layyons Valença, sur Instagram, suscitant des réactions mitigées.

Source : www.camer.be