Le Trésor public camerounais a levé 144,25 milliards de FCFA (environ 235 millions de dollars) sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) le 30 mars 2026. Cette opération, réalisée par émission d’obligations du Trésor assimilables (OTA) avec des maturités allant de 2 à 6 ans, visait initialement à mobiliser 150 milliards de FCFA.
La levée de fonds s'est effectuée par syndication domestique, un mécanisme approuvé par la BEAC en 2021. Ce système permet à un État d'émettre des titres publics par l'intermédiaire d'un groupe de spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) constitué en syndicat, avec un chef de file. Pour cette opération, le syndicat était dirigé par SCB Cameroun, filiale locale du groupe marocain Attijariwafa Bank, et comprenait également les banques Société Générale et Ecobank.
L'opération du 30 mars s'inscrit dans le calendrier prévisionnel des opérations sur les valeurs du Trésor que le Cameroun prévoit de réaliser sur le marché de la BEAC au cours du deuxième trimestre 2026. Selon le document publié par la BEAC, le gouvernement camerounais prévoit d'emprunter un montant total de 580 milliards de FCFA sur ce marché durant cette période. Ce montant équivaut à environ 1,02 milliard de dollars américains.
Dans le détail, le gouvernement camerounais prévoit de mobiliser 160 milliards de FCFA en avril 2026, 155 milliards de FCFA en mai et 265 milliards de FCFA en juin. Ces emprunts seront réalisés via des émissions de bons du Trésor assimilables (BTA), avec des maturités de 13 à 52 semaines, et des OTA, dont les maturités varieront de 2 à 15 ans. Le calendrier indique une préférence pour les BTA, notamment en juin (195 milliards de FCFA sur 265 milliards) et en avril (95 milliards de FCFA sur 160 milliards).
Les BTA sont généralement utilisés pour gérer les besoins de trésorerie à court terme, comme le paiement des salaires ou des factures. Les OTA, en revanche, servent à financer des projets de développement à plus long terme. La stratégie actuelle du ministère des Finances consiste souvent à émettre de nouveaux BTA pour rembourser les dettes arrivant à échéance, préservant ainsi les recettes de l'État pour d'autres priorités. Toutefois, cette approche augmente la dépendance du pays au refinancement à court terme et pourrait indiquer des tensions sur la trésorerie de l'État.
Le Cameroun a démarré l'année 2026 avec une dynamique favorable sur le marché des titres publics de la BEAC. En janvier 2026, le taux moyen de souscription des BTA émis par le pays s'est établi à 84,84 %, une progression de 25,7 % par rapport à décembre 2025. Le pays prévoit d'émettre pour 580 milliards de FCFA de titres publics au deuxième trimestre 2026.