Le Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (GTTC) souhaite étendre la portée du Guichet d'affrètement des cargaisons (GAC) au trafic entre le Cameroun et le Nigeria. Cette proposition était au centre d'une rencontre le 15 avril 2026 à Yola, au Nigeria, entre le GTTC et la Nigerian Association of Road Transport Owners (NARTO). L'objectif principal est d'intégrer des outils numériques pour améliorer la gestion du transport transfrontalier.
Le GAC est une plateforme numérique conçue pour rationaliser la Lettre de voiture obligatoire (LVO), améliorer la gestion des offres de fret, accroître la traçabilité des opérations et réduire les charges administratives. L'ambition est d'améliorer la transparence et la compétitivité du transport routier de marchandises. Lancée le 2 avril 2026 à Douala par le Patronat des transporteurs professionnels (PTP), la plateforme est actuellement utilisée par les transporteurs opérant sur le réseau national ainsi que sur les corridors Douala-N'Djamena et Douala-Bangui. Le système fournit un guichet centralisé qui vise à rendre plus accessible l'accès aux offres de fret.
Le projet vise à présent à inclure les corridors communs aux deux pays, notamment les axes Yola-Garoua et Mubi-Mayo-Woulo dans le nord, ainsi que le corridor transfrontalier Ekok-Mfum, structuré autour du pont sur la Cross River dans le sud-ouest du pays. Les acteurs du secteur estiment que ce corridor international génère environ 13 000 voyages et environ 320 000 tonnes de marchandises par mois, soit environ 20 % des exportations. Ses promoteurs considèrent l'extension du GAC au niveau transfrontalier comme un moyen de faciliter les échanges, étant donné que le transport routier représente environ 75 % des flux de marchandises.
Selon l'Institut national de la statistique (INS), les échanges bilatéraux ont atteint 41 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025, soit une augmentation de 10 % sur un an. Toutefois, la balance commerciale reste largement favorable au Nigeria, avec 40,4 milliards de FCFA correspondant aux exportations nigérianes vers le Cameroun. Une part importante des échanges entre les deux pays échappe aux statistiques officielles en raison du commerce informel et de la contrebande le long de la frontière commune.
L'extension du GAC aux corridors Cameroun-Nigeria pourrait conduire à une meilleure gestion des flux routiers, étant donné que la plupart des marchandises exportées et importées entre les deux pays, notamment les savons, les cigares, le cacao, le ciment, les pièces détachées et les hydrocarbures, transitent par la route. À l'issue de la réunion de Yola, les deux organisations ont décidé de mettre en place une version anglaise de la plateforme afin de faciliter son utilisation par les acteurs nigérians. Une convention de partenariat entre la NARTO et le Patronat des professionnels des transports devrait être annoncée prochainement.