Une proposition de la sénatrice Françoise Puene, également connue sous le nom de Mami Nyanga, de faciliter l'obtention de lettres de parrainage pour les candidats au concours du barreau d'avril a suscité une vive réaction du Bâtonnier de l'Ordre des Avocats du Cameroun, Me Mbah Eric Mbah. Cette initiative, dévoilée sur les réseaux sociaux, consistait à solliciter des cabinets d'avocats pour parrainer les candidats, les invitant à déposer leurs demandes dans un hôtel.
La réaction du Bâtonnier a été rapide et ferme. Il a dénoncé une « intrusion tapageuse » dans une profession régie par des lois et des traditions établies, qualifiant la démarche de la sénatrice de « dérive inacceptable ». Me Mbah Eric Mbah a rappelé que le parrainage est un engagement professionnel sérieux, où un avocat expérimenté guide, conseille et soutient un stagiaire tout au long de son stage. Il a insisté sur le fait qu'il ne s'agit ni d'un acte ponctuel, ni d'une manœuvre politique ou commerciale.
Le Bâtonnier a également mis en garde les candidats contre la présentation de dossiers contenant de fausses informations, notamment des attestations provenant de cabinets non répertoriés par l'Ordre. Il a averti que les avocats qui se prêteraient à de telles pratiques s'exposent à des sanctions disciplinaires. L'Ordre des Avocats entend ainsi garantir l'intégrité du processus de sélection et la qualité de la formation des futurs avocats.
Cette affaire met en lumière les tensions potentielles entre le pouvoir politique et les professions réglementées. Elle soulève la question de l'indépendance de ces professions face aux tentatives d'influence politique. Le Barreau camerounais, en réaffirmant ses règles, semble déterminé à protéger son autonomie.
Françoise Puene, femme politique et femme d'affaires, est sénatrice depuis 2023 et membre du RDPC. Elle est également connue pour ses activités philanthropiques à travers sa fondation. L'incident soulève des questions sur les limites de l'intervention politique dans les professions libérales au Cameroun.