Le Bataillon d'Intervention Rapide (BIR), une unité d'élite de l'armée camerounaise, se retrouve au centre de controverses en raison de graves allégations de violations des droits de l'homme et de son étroite collaboration avec des conseillers militaires israéliens. Créé en 1999, le BIR a été initialement conçu comme une force spéciale pour lutter contre le banditisme et les groupes armés sévissant aux frontières du Cameroun. Cependant, au fil des ans, il a été impliqué dans des opérations de contre-insurrection, notamment dans le contexte de la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.
Des organisations internationales de renom, telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch, ont documenté des cas de brutalités excessives, de torture et d'exécutions extrajudiciaires imputables au BIR. Ces allégations font état de violations commises lors d'opérations de répression contre des communautés soupçonnées de soutenir les séparatistes anglophones. Bien que le gouvernement camerounais reconnaisse mener des opérations contre des groupes armés, il rejette les accusations de violations systématiques des droits de l'homme, les qualifiant de propagande.
L'implication d'Israël dans la formation et la supervision du BIR remonte à sa création. Des officiers militaires israéliens à la retraite ont joué un rôle clé dans le développement de cette unité d'élite. Abraham Avi Sivan, un ancien officier des Forces de défense israéliennes (IDF), est considéré comme le fondateur du BIR et l'a commandé jusqu'à sa mort en 2010. Après son décès, Mayer Heres, un autre général israélien, a pris la relève en tant que commandant/superviseur. Bien que le commandement opérationnel ait été délégué à des officiers camerounais, l'influence israélienne persiste à travers des rôles de conseil et d'expertise technique.
La collaboration entre le Cameroun et Israël en matière de sécurité ne se limite pas à la formation militaire. Des entreprises israéliennes fournissent également des armes et du matériel au BIR, notamment des fusils d'assaut et des véhicules blindés. Cette coopération étroite a conduit certains observateurs à qualifier le BIR d'« unité israélienne » en raison de son équipement et de son encadrement.
Malgré les allégations de violations des droits de l'homme, le BIR reste un élément clé de la stratégie de sécurité du Cameroun, notamment dans la lutte contre Boko Haram et les groupes séparatistes. Les appels à une enquête indépendante sur les agissements du BIR et à la responsabilisation des auteurs de violations se font de plus en plus pressants au sein de la communauté internationale.