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La CEMAC harmonise la collecte de données sur le commerce transfrontalier informel

La CEMAC travaille à harmoniser la collecte de données sur le commerce transfrontalier informel pour mieux évaluer les échanges et orienter les politiques publiques dans la sous-région.

La CEMAC harmonise la collecte de données sur le commerce transfrontalier informel
Économie & Développement

La Commission de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) s'engage dans une initiative majeure visant à améliorer la collecte de données sur le commerce transfrontalier informel. Un atelier régional se tient à Douala du 16 au 19 mars 2026, réunissant des experts des six pays membres : Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Centrafrique et Guinée équatoriale. L'objectif principal est de renforcer les capacités des experts nationaux en matière d'outils de collecte et d'études monographiques, afin d'identifier les points de passage frontaliers, de cartographier les flux commerciaux et d'évaluer les transactions d'import-export réalisées de manière informelle.

Selon Marc Roland Lontchi, directeur de la statistique à la Commission de la CEMAC, il est crucial de capitaliser les informations sur les activités des petits commerçants qui transitent par les voies terrestres, afin de mettre en place des politiques d'accompagnement adaptées. Le commerce transfrontalier informel représente une part significative des échanges dans la sous-région, mais échappe encore largement aux statistiques officielles, ce qui entrave une évaluation précise de l'intégration économique régionale.

En structurant un dispositif de suivi harmonisé, la CEMAC ambitionne de combler ce déficit d'information, améliorant ainsi la lecture des flux commerciaux et la conception de politiques d'accompagnement pour les petits opérateurs transfrontaliers. Pour le Cameroun, qui partage 4 591 km de frontières terrestres avec ses voisins, la question est particulièrement stratégique. Les chiffres de l'Institut national de la statistique (INS) en 2024 révèlent un solde déficitaire de 50,72 milliards FCFA dans les échanges non enregistrés avec les pays voisins.

L'enjeu pour Yaoundé dépasse l'amélioration des données. Il s'agit de mieux comprendre les équilibres commerciaux, de maîtriser les flux économiques et d'évaluer les revenus générés dans les zones frontalières. Christelle Tchoua, représentante de l'INS du Cameroun, a affirmé la volonté du pays d'accompagner les autres nations dans la mise en place d'un système de suivi.

L'intégration des échanges transfrontaliers informels dans les statistiques officielles permettra aux États d'orienter plus efficacement leurs politiques publiques. Une meilleure maîtrise de ce commerce pourrait améliorer les statistiques du commerce extérieur et affiner l'évaluation de la richesse nationale, dans un contexte où les finances publiques des pays de la CEMAC demeurent sous pression. Au-delà des chiffres, l'objectif est de fournir aux États un outil de pilotage robuste pour éclairer les politiques commerciales, les dispositifs de soutien aux petits commerçants et les stratégies de sécurisation des frontières.

Source : www.investiraucameroun.com