Le Cameroun a obtenu un financement de 203 milliards de FCFA (environ 309,93 millions d'euros) de la Banque africaine de développement (BAD) pour la première phase du Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers dans la région de l'Est (PDCBET). L'accord a été approuvé par le Conseil d'administration du Groupe de la BAD le 18 février.
Ce financement servira à l'aménagement et au bitumage d'un tronçon de 156 kilomètres reliant Ngoura II à Yokadouma, sur l'axe Bertoua – Batouri – Ngoura II – Yokadouma – Moloundou – frontière de la République du Congo. Ce corridor est essentiel pour faciliter les échanges commerciaux entre le Cameroun et ses voisins d'Afrique centrale.
Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la BAD pour l'Afrique centrale, a déclaré que l'amélioration de la connectivité de la région de l'Est et son intégration aux corridors frontaliers contribueront à libérer le potentiel productif et à renforcer l'intégration régionale en Afrique centrale.
En plus d'améliorer la mobilité, le programme vise à renforcer la cohésion sociale et à réduire les disparités territoriales dans la région de l'Est, qui est la plus vaste du Cameroun mais l'une des moins bien desservies par le réseau routier. Le taux de routes bitumées dans la région est estimé à 6,25 %, avec une densité routière d'environ 0,70 km pour 1 000 habitants, ce qui entrave la valorisation du potentiel productif local.
La BAD souligne que la construction d'une route moderne facilitera les échanges, réduira les coûts de transport, améliorera l'accès aux services et renforcera la compétitivité économique. La mise en œuvre du programme devrait créer au moins 2 500 emplois directs et indirects, en particulier pour les jeunes, les femmes et les minorités vulnérables.
Ce projet s'inscrit dans une logique d'intégration économique régionale, renforçant les connexions entre les zones de production de l'Est camerounais et les corridors transfrontaliers vers la République du Congo et l'Afrique centrale. La BAD estime que le Cameroun a besoin d'environ 130 à 170 milliards de dollars par an pour le développement des infrastructures. L'amélioration des infrastructures routières en Afrique est essentielle pour réduire les coûts du commerce intra-africain, améliorer les délais de commercialisation et favoriser l'intégration régionale.