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Huiles végétales : un danger méconnu dans les cuisines camerounaises ?

Les huiles végétales raffinées couramment utilisées au Cameroun peuvent nuire à la santé cardiaque et cérébrale. Des alternatives plus saines existent pour limiter les risques.

Huiles végétales : un danger méconnu dans les cuisines camerounaises ?
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Chaque jour, des millions de Camerounais utilisent des huiles végétales raffinées pour cuisiner, ignorant les risques potentiels pour leur santé. Des nutritionnistes tirent la sonnette d'alarme face à cette habitude culinaire courante à Douala, Yaoundé et Bafoussam, où l'huile de palme, de soja ou de tournesol raffinée est omniprésente.

Le processus de raffinage industriel, impliquant des températures élevées, détruit les nutriments essentiels et génère des composés toxiques. Des études scientifiques mettent en évidence les dangers de ces huiles. Une recherche publiée dans le British Medical Journal en 2013 a révélé que les personnes atteintes de maladies cardiaques qui remplaçaient les graisses saturées par de l'huile de tournesol ou de maïs avaient un risque accru de mortalité cardiovasculaire. Une étude de l'Université de Harvard (2020) a également confirmé que les acides gras trans, produits lors de la friture à haute température, favorisent l'inflammation chronique, un facteur de risque pour le diabète de type 2, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et certains cancers.

Un déséquilibre entre les oméga-6 et les oméga-3 est un problème majeur. Les huiles végétales raffinées sont riches en oméga-6, des acides gras pro-inflammatoires. Un régime alimentaire équilibré devrait idéalement présenter un ratio oméga-6/oméga-3 de 4:1. Or, la consommation excessive de ces huiles peut faire grimper ce ratio jusqu'à 20:1, voire 50:1, entraînant une inflammation chronique dans l'organisme.

Au Cameroun, certaines pratiques culinaires aggravent ce problème. La friture profonde et répétée, caractéristique de plats populaires comme le ndolé, les beignets, le poisson braisé et le plantain frit, expose les consommateurs à des risques accrus. Une étude de l'Université de l'Algarve (Portugal, 2017) a démontré que la réutilisation d'huiles végétales chauffées à plus de 180°C libère des aldéhydes toxiques, tels que le 4-HNE, associés aux maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson. De plus, la qualité des huiles vendues sur les marchés locaux est souvent douteuse, avec des problèmes de mélange, de stockage inadéquat et d'exposition à la chaleur et à la lumière, favorisant l'oxydation et la formation de radicaux libres cancérigènes.

Les statistiques du Ministère de la Santé Publique du Cameroun sont préoccupantes. Les maladies cardiovasculaires représentent désormais près de 30% des décès dans les hôpitaux de référence, et le diabète de type 2 est en forte augmentation dans les villes. En 2020, les décès dus aux maladies coronariennes ont atteint 10 695, soit 5,97 % du total des décès. Une étude menée dans un hôpital de la région du Sud-Ouest a révélé que les maladies cardiovasculaires représentaient près de 16 % des admissions, les femmes étant plus touchées que les hommes.

Face à ces risques, il est crucial de faire des choix éclairés en matière d'huiles de cuisson. Les nutritionnistes recommandent de limiter autant que possible la consommation d'huile de tournesol, de soja et de maïs pour la cuisson à haute température, et de ne jamais réutiliser une huile ayant déjà été chauffée. Certaines huiles, comme l'huile d'olive, l'huile d'avocat et l'huile de coco, sont plus stables à haute température. Privilégier les huiles riches en acides gras monoinsaturés ou saturés et faibles en acides gras polyinsaturés peut aider à réduire la formation de composés nocifs.

Source : www.237online.com