Une cérémonie d'hommage à Anicet Ekane, figure historique de l'indépendance camerounaise, a été interrompue par les autorités à Bafoussam, entraînant l'arrestation de quinze personnes [cite: null]. L'événement, qui se tenait au siège du Manidem (Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie), a été dispersé sur ordre du sous-préfet de Bafoussam 1er, selon des sources locales [cite: null].
Anicet Ekane, décédé le 1er décembre 2025, est une figure controversée au Cameroun, son nom étant absent des espaces publics officiels. Comme Um Nyobé, Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié avant lui, Ekane n'a pas reçu de reconnaissance institutionnelle pour son rôle dans la lutte pour l'indépendance du Cameroun [cite: null]. Les autorités considèrent souvent les hommages spontanés comme des rassemblements politiques non autorisés, justifiant ainsi l'intervention des forces de l'ordre [cite: null].
L'approche de l'État camerounais face à la mémoire des figures nationalistes repose sur une double stratégie : l'interdiction préventive des rassemblements et l'absence de commémorations officielles [cite: null]. Cette stratégie a pour effet de neutraliser les mobilisations populaires et d'éviter un débat sur la légitimité historique de ces militants [cite: null].
Les personnes interpellées lors de la dispersion de l'hommage à Anicet Ekane risquent des poursuites pour rassemblement non déclaré [cite: null]. Cette répression des hommages aux nationalistes est perçue par certains comme un instrument de stabilisation politique à court terme, mais elle pourrait aggraver le déficit de réconciliation nationale à long terme [cite: null].
La question demeure de savoir jusqu'où l'État camerounais est prêt à aller pour empêcher l'inscription de la mémoire de ses propres nationalistes dans l'espace public [cite: null]. La dispersion de cet hommage et l'arrestation de ses soutiens soulèvent des interrogations fondamentales sur la capacité d'un pays à construire son avenir en niant les figures de son indépendance. Le refus de l'église d'inhumer Anicet Ekane au cimetière de Bafoussam témoigne de la complexité de la situation.