Le Port Autonome de Douala (PAD) est actuellement le théâtre d'une intense lutte d'influence, où l'affaire impliquant la Société Générale de Surveillance (SGS) met en lumière des tensions profondes au sein du pouvoir camerounais. Cette situation révèle un conflit d'intérêts et de compétences, impactant l'économie nationale et les opérations portuaires.
Depuis janvier 2026, le PAD a confié la concession du scanning à la société camerounaise Transatlantic D SA, arguant la fin du contrat de SGS. Cependant, le ministère des Finances (MINFI) et la Primature soutiennent que le contrat de SGS a été renouvelé jusqu'en 2032. Cette divergence a engendré une confusion préjudiciable pour les usagers, confrontés à des demandes de paiement pour la même prestation par les deux entités.
La complexité de cette affaire réside dans les enjeux politiques et économiques qu'elle sous-tend. Derrière les aspects techniques du contrôle et du scanning portuaire se cache une bataille pour le pouvoir, révélatrice des divisions au sommet de l'État. Des sources indiquent que le repositionnement de SGS s'inscrit dans une lutte d'influence opposant des réseaux sécuritaires favorables à Transatlantic D à des pôles financiers et administratifs soucieux de préserver les équilibres existants.
Face à cette situation de blocage, la Présidence de la République est intervenue comme arbitre. Le 16 février 2026, le Directeur Général du PAD a décidé de suspendre une partie des opérations de Transatlantic D, rétablissant ainsi SGS dans ses droits, conformément aux directives gouvernementales. Transatlantic D continuera d'opérer sur d'autres types de marchandises non couvertes par SGS.
Cette affaire met en lumière les rivalités entre différents clans au sein du gouvernement camerounais, notamment dans la perspective de la succession présidentielle. La lutte pour le contrôle des institutions stratégiques comme le PAD s'intensifie, illustrant les enjeux de pouvoir et les ambitions des uns et des autres. L'issue de cette bataille d'influence reste incertaine, mais elle témoigne des dynamiques complexes qui façonnent le paysage politique camerounais. Le PAD maintient son contrat avec Transatlantic D, contrat portant sur une durée de 25 ans.