L'expert en questions politiques, Fridolin Nke, a exprimé des réserves quant à la nomination d'un anglophone au poste de vice-président du Cameroun. Cette déclaration intervient dans un contexte de vives discussions concernant la nouvelle loi adoptée par le Parlement camerounais, rétablissant le poste de vice-président, une fonction qui n'avait pas existé depuis 1972.
Dans une publication sur sa page Meta datée du 9 avril 2026, Nke a déclaré : « Le Président Paul Biya ne peut pas nommer un anglophone vice-président. Il sera tenté de nommer son fils, Franck Biya. Mais ce poste devrait normalement revenir à un fils de la Lékié. Tous ces sacrifices pour rien, pour rien ! ». Ses propos mettent en lumière les enjeux de représentativité régionale et ethnique dans la course à la vice-présidence.
L'adoption de cette loi a suscité de nombreuses réactions. Le Parlement a approuvé l'amendement constitutionnel début avril 2026, avec 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions. Cette réforme permet au président Paul Biya, 93 ans, de nommer directement son vice-président, qui assurera la continuité de l'État en cas de vacance du pouvoir.
Si le gouvernement camerounais présente cette mesure comme un gage de stabilité institutionnelle, l'opposition y voit une manœuvre pour renforcer le pouvoir du président Biya et préparer une succession contrôlée. Des critiques estiment que cette loi, en donnant au président le pouvoir de nommer et de révoquer le vice-président à sa guise, compromet les principes démocratiques.
Fusi Namukong, membre du Social Democratic Front (SDF), a déclaré à l'Associated Press que cette loi ouvre la voie à une monarchie. L'ordre des avocats du Cameroun a également exprimé ses préoccupations, estimant que cet amendement érode la légitimité démocratique de la présidence.
La nomination du futur vice-président est donc un sujet de débat intense au Cameroun, cristallisant les tensions politiques et les enjeux de pouvoir autour de la succession de Paul Biya, qui est au pouvoir depuis 1982. Les spéculations vont bon train quant à l'identité de celui ou celle qui occupera ce poste clé, et les déclarations de personnalités comme Fridolin Nke contribuent à alimenter les discussions.
En attendant la promulgation de la loi par le chef de l'État, les regards restent tournés vers Paul Biya, dont la décision façonnera l'avenir politique du Cameroun. La question de savoir si le prochain vice-président sera anglophone ou issu d'une autre région du pays demeure un enjeu majeur dans les débats actuels.