La FIFA est de nouveau sous le feu des critiques en raison de son traitement différencié des situations de crise. Alors que l'instance dirigeante du football mondial promet 50 millions de dollars pour reconstruire des stades à Gaza, l'équipe israélienne continue de participer à toutes les compétitions internationales. Cette décision intervient alors que plus de 72 000 Palestiniens ont perdu la vie depuis octobre 2023, incluant des femmes, des enfants et des footballeurs. L'organisation, dirigée par Gianni Infantino, finance ainsi les dégâts sans jamais sanctionner ceux qu'elle considère comme responsables.
Des experts de l'ONU avaient formellement saisi la FIFA et l'UEFA dès septembre 2024, demandant la suspension d'Israël au nom du droit international. Ils rappelaient que le sport ne peut ignorer les violations graves. La FIFA avait justifié son inaction en qualifiant la crise de « problème géopolitique », arguant que le football doit unir et non diviser. Pourtant, la Russie avait été suspendue en quelques jours en 2022. Cette approche à deux vitesses soulève des questions sur la moralité sélective des instances dirigeantes du football.
Cette asymétrie de traitement n'est pas un hasard. Lorsque les chars russes sont entrés en Ukraine, la « famille du football » a été jugée menacée. Mais lorsque les bombes s'abattent sur Gaza, détruisant des stades et des infrastructures, la FIFA se contente d'une réponse humanitaire. Pour justifier son refus de sanctionner Israël, la FIFA oppose son « apolitisme » aux demandes de sanctions. Financer des stades est présenté comme un geste humanitaire, tandis que suspendre une fédération est considéré comme un acte politique. Cette gymnastique rhétorique permet d'éviter la question centrale : pourquoi une association membre liée à des violations graves du droit international ne subit-elle aucune conséquence sportive ?
La stratégie de la FIFA comporte des risques majeurs. Une plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale contre Gianni Infantino et le président de l'UEFA, les accusant de complicité de crimes de guerre. Le document vise notamment l'intégration de clubs israéliens situés dans des colonies illégales, jouant sur des terres confisquées aux Palestiniens. À long terme, c'est la légitimité de la FIFA qui s'effrite. Des supporters organisent des campagnes de boycott, des gouvernements dénoncent le double standard, et d'anciens joueurs appellent à la suspension d'Israël.
En finançant les conséquences des conflits sans en interroger les causes, la FIFA normalise l'idée que la destruction de Gaza est une fatalité à prendre en charge financièrement, plutôt qu'un acte à sanctionner. La question de savoir jusqu'où le sport peut tolérer l'impunité avant de perdre toute crédibilité morale reste posée.