Le Cameroun est confronté à une crise alarmante de féminicides, avec au moins 33 femmes tuées depuis le début de l'année 2026, dont 11 dans un contexte conjugal. Ces chiffres, compilés récemment, mettent en lumière une réalité tragique où la violence domestique reste un problème majeur.
Ces statistiques révèlent des histoires poignantes de femmes victimes de leurs conjoints, fiancés ou ex-compagnons. Des cas récents témoignent de cette brutalité : à Evodoula, une femme a été tuée à la machette par son mari ; à Douala, une autre a subi le même sort ; à Kousseri, une femme a été poignardée à mort par son époux ; et à Kribi, une étudiante infirmière a été tuée, son compagnon étant suspecté. Ces événements soulignent une violence qui s'exprime au sein même des relations intimes, là où la sécurité devrait être une priorité.
Les forces de l'ordre ont procédé à des arrestations dans plusieurs de ces affaires, mais ces interventions surviennent souvent après que le pire s'est produit. Les arrestations, bien que nécessaires, ne suffisent pas à inverser une tendance inquiétante, alimentée par des facteurs sociaux, culturels et économiques complexes.
Face à cette situation, des associations, des autorités et des acteurs de la société civile appellent à une mobilisation accrue pour enrayer ce phénomène. Au-delà des chiffres, ce sont des vies brisées, des familles détruites et une société confrontée à une violence persistante qui sont en jeu.
Le gouvernement camerounais travaille depuis 2023 sur un projet de loi pour lutter contre les violences basées sur le genre, avec un atelier de validation organisé en février 2026. L'objectif est de renforcer la protection des victimes et d'alourdir les sanctions. Une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre a également été adoptée, visant une réduction de 50 % de la prévalence de ces violences d'ici 2026.
En 2025, plus de 62 féminicides ont été recensés au Cameroun. Depuis le début de l'année 2026, une vingtaine de cas ont été rapportés en seulement deux mois, ce qui illustre la persistance et la gravité des violences basées sur le genre.
Malgré ces efforts, la violence persiste, soulignant un écart entre les engagements publics et la réalité quotidienne des femmes et des filles. Le thème de la Journée internationale de la femme en 2026, « Justice pour toutes les femmes et les filles », met l'accent sur les droits, l'accès à la justice et la protection, dans un contexte d'inquiétude croissante face à la violence contre les femmes.
La lutte contre les féminicides au Cameroun nécessite une action collective et des mesures concrètes pour protéger les femmes et punir les auteurs de ces crimes. La société civile, les autorités et chaque citoyen ont un rôle à jouer pour mettre fin à cette tragédie.