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Examen d'aptitude au stage d'avocat 2026 au Cameroun : une limitation des lettres de parrainage contestée

L'examen d'aptitude au stage d'avocat 2026 au Cameroun est au cœur d'une polémique : le Barreau limite les lettres de parrainage, une décision contestée par un juriste qui saisit le Ministre de la Jus

Examen d'aptitude au stage d'avocat 2026 au Cameroun : une limitation des lettres de parrainage contestée
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La session 2026 de l'examen d'aptitude au stage d'avocat au Cameroun est marquée par une vive polémique concernant la limitation du nombre de lettres de parrainage qu'un avocat peut accorder. Le Dr. Nkamwah Limen Phrobert Ayocal, du cabinet ARMEN LAW, a officiellement saisi le Ministre d’État, Ministre de la Justice, le 20 février 2026, pour contester une décision du Barreau du Cameroun qu'il juge non conforme.

L'arrêté n° 021/DPJ/SG/MJ/, signé par le Ministre de la Justice le 12 février 2026, fixe les conditions d’organisation, la date et le centre de l’Examen d’Aptitude au Stage d’Avocat (EASA) pour la session 2026. L'article 3 de cet arrêté stipule que chaque candidat doit fournir une lettre de parrainage délivrée par un avocat justifiant d’au moins cinq années d’exercice.

Le 13 février 2026, un communiqué de l’Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun, signé par le Bâtonnier, a introduit une limitation : un avocat ne peut délivrer de lettres de parrainage que pour un maximum de trois stagiaires, y compris ceux déjà en formation dans son cabinet. Cette mesure a suscité la controverse, car elle restreint considérablement les possibilités pour les candidats d’obtenir la lettre de parrainage, document indispensable pour concourir.

Le Dr. Nkamwah argumente que cette limitation n'est pas mentionnée dans le décret n° 91/305 du 04 juillet 1991, qui est le texte de référence régissant l'examen d'aptitude. Il précise que la règle limitant à trois le nombre d'avocats stagiaires par cabinet s'applique aux stagiaires déjà admis, et non aux candidats à l'examen. Selon lui, il serait juridiquement inapproprié d'appliquer aux postulants des restrictions destinées à encadrer l'exercice professionnel effectif.

Dans sa requête, le Dr. Nkamwah demande au Ministre de constater l'absence de limite dans le décret organisant l'examen, de reconnaître que les candidats ne sont pas soumis à la loi organique de la profession, de déclarer non conforme le communiqué du Barreau, et d'autoriser tous les avocats remplissant la condition d'ancienneté à délivrer librement des lettres de parrainage.

Cette affaire met en lumière une tension entre le ministère de la Justice et le Barreau du Cameroun, concernant l'interprétation des textes régissant l'accès à la profession d'avocat. L'enjeu est important pour les jeunes diplômés en droit aspirant à devenir avocats. La décision du Ministre de la Justice est désormais attendue pour clarifier la situation et garantir l'équité entre les candidats.

L'avocat Christian Ntimbane Bomo a également dénoncé cette limitation, la qualifiant d'illégale et de source de trafics. Il rappelle que la lettre de parrainage à cet examen est une simple lettre de recommandation et ne saurait être confondue avec un engagement de stage.