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Déclaration de biens au Cameroun : Me Fonka Tomnyuy Mofola critique la plainte contre Paul Biya

L'analyse de Me Fonka Tomnyuy Mofola sur la plainte de Me Ayang Lewis contre Paul Biya concernant la déclaration des biens met en lumière les défis de l'application de l'article 66 au Cameroun.

Déclaration de biens au Cameroun : Me Fonka Tomnyuy Mofola critique la plainte contre Paul Biya
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L'avocat camerounais Ayang Lewis Forchealah a intenté une action en justice contre le président Paul Biya en décembre 2025, exigeant l'application de l'article 66 de la Constitution camerounaise relatif à la déclaration des biens. Cette action a suscité des réactions, notamment de la part de Me Fonka Tomnyuy Mofola, également avocat, qui a soulevé des objections tant sur la forme que sur le fond de la plainte.

Me Ayang Lewis reproche au chef de l'État de ne pas avoir respecté l'article 66, qui contraint les hauts fonctionnaires, y compris le président, à déclarer leurs biens au début et à la fin de leur mandat. Il souligne que la loi de 2006, qui prévoit la création d'une commission chargée de contrôler ces déclarations, n'a jamais été mise en œuvre, et que le décret d'application n'a jamais été signé. En outre, Me Ayang Lewis dénonce le défaut de convocation du Conseil supérieur de la magistrature depuis août 2020, ce qui, selon lui, entrave le fonctionnement de la justice.

En réponse, Me Fonka Tomnyuy Mofola conteste la compétence du tribunal saisi, arguant que le tribunal de grande instance du Fako n'est pas le lieu de résidence du président, ni le lieu où la cause de l'action est née. Il remet également en question la capacité du plaignant à poursuivre le président de la République au lieu du président du Conseil supérieur de la magistrature. Sur le fond, Me Fonka estime que la plainte repose sur des considérations juridiques plutôt que sur des faits concrets.

L'article 66 de la Constitution camerounaise du 18 janvier 1996 stipule que le Président de la République, le Premier ministre, les membres du gouvernement, les parlementaires, les hauts fonctionnaires et les gestionnaires de fonds publics sont tenus de déclarer leurs biens. Cette disposition vise à lutter contre la corruption et le détournement de fonds publics. Cependant, sa mise en œuvre effective fait l'objet de débats et de controverses depuis de nombreuses années.

La plainte de Me Ayang Lewis et les critiques de Me Fonka Tomnyuy Mofola mettent en lumière les défis liés à l'application de l'article 66 et à la promotion de la transparence dans la gestion des affaires publiques au Cameroun. L'affaire soulève des questions importantes sur la responsabilité des dirigeants et l'efficacité des mécanismes de contrôle.

Source : fr.journalducameroun.com