Douze personnes arrêtées dans le cadre de la crise post-électorale d'octobre 2025 ont été libérées sous caution à Bafoussam le 5 mars 2026, tandis que des préoccupations grandissent concernant les conditions de détention à la prison de Foumban. Initialement accusés de plusieurs infractions, dont « immigration clandestine » et « insurrection », les charges ont été réduites à « non-dénonciation d'insurrection », un délit qui a permis leur libération sous caution. Ils devront cependant comparaître libres devant la justice.
Malgré ces libérations, 17 autres personnes, dont un Nigérian et un Tchadien, restent en détention, poursuivis pour des accusations incluant « révolution », « attroupement », et « dégradation de biens publics ». Des voix s'élèvent pour demander également leur libération, ainsi que celle d'autres détenus dans des situations similaires. Les élections d'octobre 2025 ont été contestées et ont mené à des protestations. L'annonce de la victoire du président Paul Biya, 92 ans, pour un huitième mandat a été suivie de manifestations et d'arrestations.
Annie Tchoko, militante de l'organisation United4Cameroon, tire la sonnette d'alarme sur la situation des détenus à la prison de Foumban, où, selon elle, de jeunes de moins de 25 ans seraient en danger de mort. Elle dénonce l'absence de soins médicaux et le vol de médicaments, interpellant les Camerounais sur leur silence face à cette crise humanitaire.
En écho à cet appel, l'UPC-Manidem, formation politique camerounaise, a réaffirmé sa solidarité et son engagement à demander la libération de tous les prisonniers politiques à travers le pays. Ce parti, issu de l'Union des populations du Cameroun (UPC), milite pour une transition politique et dénonce les élections truquées. La situation post-électorale reste tendue au Cameroun, entre contestations des résultats, répression et appels à la libération des prisonniers politiques.