La Coordination nationale du Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (CORE.C) a lancé un appel urgent pour sauver le système éducatif camerounais, menacé d'effondrement d'ici 2029. Lors d'une session ordinaire tenue le mercredi 18 février 2026, le CORE.C a dénoncé le « mépris institutionnel » du gouvernement, la répression syndicale et l'exode massif des enseignants, autant de facteurs qui mettent en péril l'avenir de l'éducation dans le pays.
Le CORE.C a annoncé le lancement de l'« Opération Phénix », une initiative visant à « restaurer l'école camerounaise et la profession enseignante ». Le collectif critique vivement le gouvernement pour avoir systématiquement ignoré ses propositions visant à revaloriser le statut des enseignants, condition essentielle, selon lui, pour améliorer la qualité de l'éducation. Les responsables syndicaux estiment que le dialogue de mars 2025 n'a pas abouti aux résultats escomptés, les engagements tardant à se concrétiser et les problèmes structurels persistant dans les établissements scolaires.
Le CORE.C dénonce également une « dérive répressive », accusant les autorités d'assimiler l'exercice du droit syndical à des actes d'insurrection. Le collectif condamne les arrestations qu'il qualifie d'arbitraires et d'une tentative de criminalisation de la revendication enseignante. Ces tensions témoignent d'un climat social de plus en plus tendu autour des questions éducatives.
L'exode des enseignants est un autre sujet de préoccupation majeur. Le CORE.C évoque « des dizaines de milliers d'enseignants acculés à la survie », contraints de chercher de meilleures conditions de vie à l'étranger. Cette fuite des compétences, qualifiée de « saignée continue », fait peser un risque majeur sur la stabilité du système éducatif. Le collectif avance des « indicateurs statistiques forensiques » laissant présager un point de rupture « systémique et irréversible » des écoles publiques à l'horizon 2029.
Face à ce qu'il décrit comme un « naufrage de l'école républicaine », le CORE.C lance un appel solennel aux enseignants, aux parents et aux élus locaux pour qu'ils se mobilisent afin de sauver l'éducation au Cameroun. Le collectif rejette l'idée que l'éducation digitale puisse compenser le déficit d'enseignants, soulignant l'importance de l'encadrement humain et sa capacité à endiguer la violence en milieu scolaire.
Les contours précis de l'« Opération Phénix » seront dévoilés progressivement, mais l'initiative se veut un cadre d'action destiné à restaurer la dignité de la profession enseignante et à renforcer les fondations du système éducatif. « Une école en ruine aujourd’hui est l’usine à rébellions de demain », avertit le CORE.C, soulignant que « Sauver l’école n’est plus une option, c’est une exigence vitale ».
Cette prise de position du CORE.C intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les organisations d'enseignants et les pouvoirs publics. L'avenir de l'éducation au Cameroun est plus que jamais au cœur des enjeux sociaux et politiques, alors que le gouvernement a annoncé le recrutement de 3 000 instituteurs dans le cadre du Programme d'Appui à la Réforme de l'Éducation au Cameroun (PAREC). Par ailleurs, il est prévu d'intégrer au moins 3 500 enseignants pour l'année académique 2025-2026.
L'éducation est classée troisième parmi les préoccupations nationales au Cameroun, après la santé et le chômage.