À Bafoussam, dans la région de l'Ouest du Cameroun, des patients atteints d'insuffisance rénale ont exprimé leur désespoir face au manque criant de ressources pour la dialyse. Une manifestation devant l'Hôpital Régional de Bafoussam a mis en lumière une situation où 10 machines de dialyse doivent servir près de 300 patients, les laissant « mourir à petit feu » selon leurs propres termes.
La situation est d'autant plus critique que toute la région de l'Ouest ne compte qu'un seul néphrologue pour prendre en charge ces centaines de patients. Les manifestants dénoncent des attentes interminables, parfois de plusieurs jours voire semaines, pour accéder à un traitement vital. Cette pénurie de personnel médical spécialisé et d'équipements adéquats met en danger la vie de nombreux Camerounais.
« La dialyse, c’est notre vie », ont scandé les manifestants, soulignant l'importance cruciale de ce traitement pour leur survie. Les familles des patients, épuisées et inquiètes, demandent instamment au ministère de la Santé publique d'intervenir en fournissant des renforts humains et matériels. L'accès à la dialyse n'est pas un luxe, mais un droit fondamental à la santé, qui semble compromis à Bafoussam.
Le manque d'accès aux soins de dialyse n'est pas un problème isolé au Cameroun. De nombreux patients, en particulier dans les zones rurales, sont confrontés à des difficultés similaires, ce qui entraîne un manque de traitement et, dans certains cas, des décès évitables. Le coût élevé des séances de dialyse constitue également un obstacle majeur pour de nombreux Camerounais, avec des dépenses mensuelles considérables pour les patients non assurés.
À l'échelle nationale, environ 2,5 millions de personnes souffrent d'insuffisance rénale chronique, avec un taux de prévalence situé entre 10 % et 14 %. Les causes les plus fréquentes de cette maladie sont l'hypertension, les glomérulonéphrites chroniques et le diabète. Le pays dispose d'un nombre limité de centres d'hémodialyse, souvent mal équipés et confrontés à des problèmes d'approvisionnement.
Face à cette crise, des initiatives de sensibilisation et de dépistage précoce des maladies rénales sont menées par des organisations telles que l'association Women with Humanitarian Vision et la Société Camerounaise de Néphrologie. Ces actions visent à informer le public sur les dangers des maladies rénales et à promouvoir des pratiques de prévention.
La situation à Bafoussam met en lumière les défis majeurs auxquels est confronté le système de santé camerounais en matière de prise en charge des maladies rénales. L'accès limité à la dialyse, le manque de spécialistes et les coûts élevés des traitements sont autant d'obstacles qui compromettent la santé et la survie de nombreux patients. Une action urgente du gouvernement et des partenaires de santé est nécessaire pour améliorer l'accès aux soins et garantir le droit à la santé pour tous. Sans une intervention rapide, la situation risque de s'aggraver, entraînant des conséquences désastreuses pour les patients et leurs familles.
Les autorités camerounaises doivent prendre des mesures concrètes pour augmenter le nombre de machines de dialyse, former davantage de néphrologues et réduire les coûts des traitements. L'avenir de ces patients en dépend.