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Crise anglophone au Cameroun : L'archevêque Nkea dénonce les intérêts qui bloquent la paix

L'archevêque Nkea alerte sur les blocages à la résolution de la crise anglophone au Cameroun, pointant les intérêts de certains acteurs qui profitent du conflit.

Crise anglophone au Cameroun : L'archevêque Nkea dénonce les intérêts qui bloquent la paix
Actualités Cameroun

L'archevêque Andrew Nkea a exprimé de sérieuses réserves quant à la possibilité de mettre en œuvre les recommandations issues de la récente visite du pape au Cameroun, soulignant que des intérêts particuliers, présents des deux côtés du conflit anglophone, pourraient activement empêcher une résolution rapide de la crise.

Selon l'archevêque, certains acteurs tirent profit de la situation actuelle et n'ont aucun intérêt à ce que la crise prenne fin. « Il y a des individus des deux côtés… qui ne veulent pas voir la crise anglophone prendre fin, parce qu’ils en tirent d’importants bénéfices », a-t-il déclaré, visant des cercles gouvernementaux et des groupes séparatistes. Cette observation met en lumière la complexité du conflit, où des enjeux politiques et économiques se superposent aux revendications identitaires et aux griefs historiques.

Andrew Nkea estime que ces intérêts divergents constituent un obstacle majeur à toute avancée concrète vers la paix. Il anticipe des défis considérables dans la mise en œuvre des recommandations papales, en particulier de la part de ceux qui bénéficient de la prolongation de la crise. Ses propos soulignent la difficulté de traduire les initiatives de dialogue en actions significatives sur le terrain, face à des forces qui semblent privilégier la poursuite du conflit.

La crise anglophone, qui a débuté en 2016, a déjà fait plus de 6 000 morts et a contraint plus d'un million de personnes à se déplacer. Elle trouve son origine dans des revendications liées à la marginalisation de la minorité anglophone du Cameroun, qui représente environ 20% de la population, par rapport à la majorité francophone. Des grèves d'avocats et d'enseignants avaient alors été réprimées par le gouvernement, entraînant une escalade de la violence et des revendications séparatistes.

Malgré les appels à la réconciliation et les initiatives de dialogue, l'influence des intérêts particuliers continue de peser sur la dynamique de sortie de crise. La déclaration de l'archevêque Nkea met en évidence la nécessité de prendre en compte ces facteurs pour parvenir à une paix durable dans les régions anglophones du Cameroun.

L'archevêque Nkea a déclaré clairement que « la guerre et la force ne résoudront jamais cette crise ».

Source : www.lebledparle.com