La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) prévoit de mobiliser plus de 1 300 milliards de FCFA pour soutenir le Plan National de Développement (PND) 2026-2030 de la Côte d'Ivoire. Cette annonce a été faite lors d'une rencontre entre le Ministre du Plan et du Développement, Dr. Souleymane Diarrassouba, et le Chef de mission résident de la BOAD, M. Franchy Nago, le 11 mars 2026. Le PND 2026-2030 vise à accélérer la transformation structurelle de l'économie ivoirienne et à renforcer la dynamique de croissance du pays.
Le PND 2026-2030 prévoit un volume global d'investissement estimé à 114 838,5 milliards de FCFA, avec une contribution attendue du secteur privé à hauteur de 70,2 %. Les échanges entre le gouvernement ivoirien et la BOAD ont porté sur les perspectives de financement du PND, soulignant le rôle central de ce plan comme cadre stratégique de référence. La BOAD a déjà mobilisé 1 150 milliards de FCFA au cours des cinq dernières années pour financer des projets structurants dans divers secteurs prioritaires, notamment les infrastructures de transport et les TIC, la production et l'accès à l'énergie, l'agriculture et la sécurité alimentaire, l'immobilier et l'habitat, ainsi que la santé et l'éducation.
Parallèlement à cet investissement majeur, la Côte d'Ivoire envisage une réforme de son système de commercialisation du cacao. Cette initiative fait suite à une chute brutale des cours mondiaux du cacao, qui a entraîné une crise des ventes et une accumulation de fèves invendues. Après avoir presque triplé en 2024, les cours à terme du cacao ont perdu les trois quarts de leur valeur, se négociant actuellement autour de 3 300 dollars la tonne en raison d'un surplus mondial.
Le gouvernement ivoirien avait fixé le prix garanti aux planteurs en octobre dernier bien au-dessus des niveaux actuels du marché mondial, ce qui a exposé les négociants internationaux à de lourdes pertes. En conséquence, ces derniers ont cessé leurs achats, provoquant un engorgement des stocks. Afin de fournir des liquidités aux agriculteurs, le gouvernement est intervenu en rachetant les stocks invendus pour un coût supérieur à 500 milliards de francs CFA (892,06 millions de dollars).
Le gouvernement envisage d'aligner davantage les prix aux producteurs fixés par l'État sur les cours internationaux afin d'être plus réactif et réaliste face à un marché extrêmement volatil. La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, cherche ainsi à sécuriser sa filière et à assurer des revenus stables à ses producteurs. Le pays souhaite transformer son économie en augmentant la valeur ajoutée de sa production de cacao.
La Côte d'Ivoire s'est fixée pour objectif de transformer au moins 50 % de sa production nationale de cacao localement d'ici 2026. En 2024, environ 44 % de la récolte du pays a été transformée localement. Chaque tonne transformée en Côte d'Ivoire ajoute une valeur estimée de 900 à 1 200 dollars de plus que l'exportation de fèves brutes, créant ainsi des emplois et augmentant les revenus des agriculteurs.
La BOAD et la Côte d'Ivoire renforcent leur coopération pour soutenir le développement économique du pays à travers le PND 2026-2030. La réforme du secteur du cacao vise à stabiliser les revenus des producteurs et à augmenter la valeur ajoutée de l'économie ivoirienne.