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Controverse autour des admissions en doctorat à l'Université de Maroua : Transparence contre accusations de favoritisme

L'Université de Maroua est au cœur d'une controverse concernant la sélection des doctorants. Des accusations de favoritisme remettent en question la transparence du processus, malgré les assurances de

Controverse autour des admissions en doctorat à l'Université de Maroua : Transparence contre accusations de favoritisme
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L'Université de Maroua est actuellement au centre d'une polémique concernant la sélection des étudiants en première année de doctorat (PhD). Alors que l'administration universitaire assure la régularité du processus, des voix s'élèvent pour dénoncer des irrégularités et un manque de transparence.

Le recteur de l'Université de Maroua a publié un communiqué le 20 février 2026, affirmant que la procédure de sélection ne souffre d'aucune irrégularité. Selon lui, la liste des candidats publiée en ligne n'est qu'une étape préliminaire, une validation technique des dossiers soumis. L'évaluation scientifique des dossiers, l'âge des candidats, la promotion du genre, le parcours académique, le projet de recherche et la preuve de financement sont ensuite examinés par les Unités de Formation Doctorale. L'authentification des diplômes, quant à elle, relève exclusivement des institutions qui les ont délivrés. Le recteur insiste sur la transparence et l'intégrité du processus.

Cependant, Baba Bikkoy, connu sous le nom de Mota, conteste cette version des faits, dénonçant ce qu'il considère comme une « esquive bureaucratique ». Dans une lettre au ton critique, il affirme que la sémantique ne saurait masquer les problèmes de fond et cite le cas d'un certain « Salamana » comme exemple de favoritisme. La présence de ce nom sur la liste des candidats sélectionnés remettrait en question la crédibilité du processus de sélection et l'engagement des encadreurs. Bikkoy estime que qualifier cette indignation de « délire » reviendrait à mépriser les candidats qui respectent les règles et à institutionnaliser l'opacité.

Cette controverse a pris une ampleur particulière avec la candidature du député Salmana Amadou Ali, dont le dossier est scruté de près. Des interrogations sont soulevées quant à la conformité de son dossier avec les exigences habituelles, notamment en ce qui concerne les diplômes et l'endossement de sa candidature. Certains mettent en doute la validité de ses diplômes antérieurs, alimentant une vague d'indignation parmi les étudiants.

Deux visions s'opposent donc : celle d'une procédure régulière et transparente, et celle d'un système potentiellement biaisé où le mérite académique serait relégué au second plan. Au-delà des aspects techniques, c'est la confiance dans l'institution universitaire qui est en jeu. L'issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes sur la crédibilité de l'Université de Maroua et sur la perception de l'intégrité du système éducatif camerounais.

L'affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les universités camerounaises, tiraillées entre la nécessité d'assurer la transparence et l'équité des procédures et les pressions politiques et sociales.