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Condamnation à mort et liberté retrouvée : l'histoire de Vincent Dikoum au Cameroun

L'affaire Vincent Dikoum, cadre de la CAMBANK assassiné en 1983, met en lumière les complexités du système judiciaire camerounais, où des condamnés à mort ont finalement été libérés après plusieurs an

Condamnation à mort et liberté retrouvée : l'histoire de Vincent Dikoum au Cameroun
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L'affaire Vincent Dikoum, cadre de la CAMBANK assassiné en 1983, illustre de manière frappante les complexités du système judiciaire camerounais. Condamnés à mort pour ce crime brutal, les coupables ont finalement recouvré la liberté après plusieurs années de détention.

Dans la nuit du 29 janvier 1983, Vincent Dikoum, âgé de 37 ans, est sauvagement assassiné dans son sommeil. Derrière cet acte odieux se trouvent son épouse, Marinette Ndomè, et son amant, Richard Ambang Mbadjé. Ils recrutent trois hommes, Pouli, Ndzana et Ombouté, pour exécuter leur plan macabre. Une première tentative avait échoué une semaine auparavant, mais les conjurés, déterminés, élaborent un nouveau plan, Marinette promettant à chacun des exécutants la somme de trois millions de FCFA en cas de succès.

Marinette écarte tout obstacle en faisant quitter son domicile à deux jeunes étudiants qu'elle hébergeait. Le vendredi 28 janvier, une dernière réunion se tient chez Ambang, où les derniers détails sont finalisés. Armés de poignards, les trois hommes s'introduisent dans la chambre de Vincent Dikoum et l'assassinent froidement pendant son sommeil. Marinette elle-même conduit ensuite le véhicule transportant le corps jusqu'au fleuve Sanaga, où il est jeté à l'eau, lesté d'une pierre.

Les enquêteurs découvrent des indices accablants, et Marinette finit par avouer : elle a orchestré l'assassinat de son mari pour vivre librement sa relation avec son amant. Ambang Mbadjé est arrêté en août 1983 en Centrafrique, puis extradé vers le Cameroun.

En juillet 1984, le tribunal de grande instance du Mfoundi condamne Marinette Ndomè, Richard Ambang Mbadjé, Ombouté Jean-Pierre et Ndzana Louis Bertin à la peine de mort par fusillade. Pouli Roger écope de dix ans de prison. La sentence est confirmée en appel.

Contre toute attente, des décennies plus tard, tous les condamnés à mort sont libérés après de longues années de détention. Marinette vit aujourd'hui en France. Ses complices sont retournés dans leurs villages. Richard Ambang Mbadjé est décédé en avril 2025.

Cette affaire, relatée dans le livre Rivière de sang d'Arol Ketch, pose des questions troublantes sur la justice, la mémoire et l'oubli au Cameroun.

Source : www.camer.be