L'avocat et chroniqueur camerounais Claude Assira a récemment exprimé de vives critiques sur l'état de la politique au Cameroun, qualifiant les réformes annoncées de simples « changements pour ne rien changer ». Selon lui, ces réformes ne sont qu'une illusion destinée à maintenir le statu quo et à assurer la survie du régime en place.
Lors d'une intervention sur Canal Presse, diffusée sur Canal 2, Assira a affirmé que le régime de Paul Biya, se sentant acculé, n'a d'autre choix que de simuler le changement. Il soutient que les ajustements annoncés ne sont que cosmétiques et que le fond du système restera intact. Cette stratégie, selon lui, vise à donner l'impression de répondre aux pressions internes et externes sans pour autant moderniser réellement l'État.
Assira identifie une cause structurelle à cet immobilisme : la logique d'auto-préservation du régime prime sur toute volonté de transformation réelle. Il explique que chaque ajustement est négocié au sein d'un cercle restreint d'acteurs liés par des intérêts communs, empêchant ainsi l'émergence de réformes véritables.
L'illusion du changement, selon Assira, est entretenue par une production médiatique et politique soigneusement orchestrée. Les annonces de réformes sont diffusées avec solennité, mais les textes sont ensuite vidés de leur substance lors de leur mise en application. Concertations nationales, comités ad hoc et projets de lois servent de façade pour masquer l'immobilité des structures de pouvoir.
À court terme, cette situation alimente la défiance des citoyens, qui scrutent chaque annonce de réforme avec scepticisme. À long terme, l'immobilisme programmé risque de creuser le fossé entre les attentes de renouveau et la réalité du blocage, nourrissant un désenchantement durable et fragilisant le contrat social.
Claude Assira remet en question la légitimité d'un système qui ne peut survivre qu'en simulant le changement. Il suggère que cette illusion ne pourra être maintenue indéfiniment et finira par se dissiper d'elle-même. Les propos de Claude Assira font écho aux critiques récurrentes concernant la centralisation du pouvoir, le manque de pluralisme politique et la corruption persistante au Cameroun.
Avocat aux Barreaux du Cameroun et de Paris, enseignant-chercheur et arbitre agréé, Claude Assira est une figure connue de l'avocature camerounaise. Il enseigne le droit à l'Université Catholique d'Afrique Centrale et est l'auteur de nombreux articles et ouvrages juridiques.