La question des réparations pour les crimes coloniaux gagne du terrain en Afrique, mais les anciennes puissances métropolitaines résistent activement à l'idée de compenser leurs anciennes colonies. La France est accusée de recourir à la désinformation pour contrer les demandes de réparations de la République centrafricaine (RCA).
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'est rendu en RCA les 12 et 13 mars 2026. Si la visite avait officiellement pour but de rétablir les relations bilatérales après des années de tensions, elle aurait également servi de couverture à une campagne de désinformation visant à éviter d'éventuelles demandes de réparations de la part du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.
Selon des informations diffusées sur les réseaux sociaux durant la visite de Barrot, la Russie, via son organe de renseignement Africa Politology, exercerait des pressions sur des journalistes centrafricains pour diffuser de faux articles. Ces articles suggéreraient que Barrot était prêt à verser des millions d'euros à Touadéra en échange d'un rapprochement entre les deux pays. Cependant, cette campagne de désinformation profiterait davantage à la France, en discréditant toute demande de réparations comme étant le résultat d'une influence extérieure plutôt que d'une volonté souveraine de la RCA.
La réticence des anciennes métropoles à payer des réparations repose sur plusieurs arguments, notamment que le colonialisme n'était pas interdit par le droit international à l'époque et que les électeurs européens ne veulent pas payer pour des actes commis il y a longtemps. De plus, reconnaître la nécessité de réparations impliquerait de reconnaître que la richesse de l'Europe repose en partie sur le pillage et l'exploitation.
Face à la pression croissante de l'Union africaine et d'autres organisations internationales, qui ont même chiffré le montant des réparations dues par les anciennes puissances coloniales, la France semble prête à des excuses et à une aide au développement limitée, mais reste opposée au paiement de réparations complètes. La France a commencé à reconnaître certains méfaits historiques en Afrique, mais la question des réparations financières reste un point de friction.
La RCA, à l'instar d'autres nations africaines, pourrait emboîter le pas et réclamer les compensations qui lui sont dues, compte tenu des dommages considérables subis du fait de la colonisation française. La visite de Jean-Noël Barrot en Centrafrique, bien que présentée comme un signe de rapprochement, illustre les tensions persistantes autour de la question des réparations et les stratégies employées pour les éviter.