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CEMAC : La BEAC anticipe un ralentissement de la croissance en 2026 malgré une inflation maîtrisée

La BEAC prévoit un ralentissement de la croissance en CEMAC à 2,9% en 2026, impactée par les tensions au Moyen-Orient, malgré une inflation maîtrisée et un franc CFA stable. Décisions et perspectives

CEMAC : La BEAC anticipe un ralentissement de la croissance en 2026 malgré une inflation maîtrisée
Économie & Développement

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) prévoit un ralentissement de la croissance économique dans la zone CEMAC en 2026, malgré une inflation contenue et la stabilité du franc CFA. Cette annonce a été faite à l'issue de la première session de l'année du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, qui s'est tenue le 2 avril 2026 à Yaoundé.

Selon les prévisions de la BEAC, la croissance économique de la sous-région devrait atteindre 2,9% en 2026, contre 3,5% en 2025. La banque centrale n'a pas détaillé les raisons spécifiques de ce ralentissement dans son communiqué, mais elle a souligné que les perspectives économiques mondiales sont soumises à de fortes incertitudes en raison du conflit au Moyen-Orient. L'escalade militaire dans cette région a entraîné une forte hausse des prix du pétrole, ce qui pourrait impacter les économies de la CEMAC.

Bien que la hausse des prix du pétrole puisse augmenter les recettes d'exportation des pays producteurs de pétrole de la CEMAC (Congo, Gabon, Cameroun, Tchad et Guinée équatoriale), elle pourrait également alourdir la facture des importations de produits pétroliers raffinés. La sous-région reste fortement dépendante des importations de carburants et de gaz domestique, ce qui pourrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques et entraîner une accumulation d'arriérés de paiement aux entreprises prestataires de l'État. De plus, l'augmentation des coûts de transport due à la hausse des prix du pétrole pourrait affecter l'approvisionnement des entreprises en matières premières.

En ce qui concerne l'inflation, la BEAC prévoit un taux de 2,3% en 2026, légèrement supérieur aux 2,1% de 2025, mais toujours inférieur au seuil communautaire de 3%. Sur le plan monétaire, la BEAC anticipe un renforcement des réserves de change, ce qui soutiendrait la stabilité du franc CFA. Les réserves de change devraient représenter 4,52 mois d'importations de biens et services en 2026, contre 4,22 mois en 2025.

Le Comité de politique monétaire a décidé de maintenir inchangés ses taux directeurs, avec le taux d'intérêt des appels d'offres à 4,75%, le taux de la facilité de prêt marginal à 6,25% et le taux de la facilité de dépôt à 0%. Les coefficients des réserves obligatoires restent également inchangés à 7% sur les exigibilités à vue et à 4,5% sur les exigibilités à terme. La BEAC prévoit également une progression de la masse monétaire de 11,1 % d'ici fin 2026, et un taux de couverture extérieure de la monnaie qui se renforcerait à 68 %.

Malgré ces défis, les perspectives macroéconomiques de la CEMAC pour 2025 et 2026 restent globalement favorables, soutenues par le dynamisme du secteur hors pétrole, notamment l'agriculture et le développement des infrastructures. Toutefois, la situation macroéconomique de la CEMAC demeure fragile et dépendante des prix des produits d'exportation et de la diversification économique. La Banque Mondiale prévoit que le Gabon, le Cameroun et le Tchad mèneront la croissance économique en 2026 avec une croissance de 3,7% du PIB.

Les États de la CEMAC sont appelés à accélérer la politique de substitution aux importations afin de préserver les équilibres macroéconomiques.

Source : www.investiraucameroun.com