L'homme politique camerounais Célestin Bedzigui, président du PAL, a publié une tribune libre le lundi 16 mars, exprimant de vives critiques à l'égard de la gouvernance actuelle du Cameroun. Il s'interroge sur la lenteur des prises de décisions du chef de l'État, Paul Biya, et le non-respect des promesses faites au peuple camerounais.
Dans sa tribune, Bedzigui utilise une métaphore frappante : « Y a-t-il un pilote à bord ? », reflétant son inquiétude face aux « turbulences » que traverse le pays. Il remet en question la capacité du président à répondre aux attentes de la population, soulignant le décalage entre les engagements pris et les actions concrètes menées.
Bedzigui dénonce un immobilisme qu'il qualifie de « mort cérébrale » du pays, faisant référence à l'absence de changement notable après la dernière élection présidentielle. Il déplore que le message exprimé par le peuple à travers son vote soit ignoré, y voyant potentiellement un « mépris arrogant » envers la population.
L'ancien candidat à la présidentielle pointe du doigt le maintien en place de la « technostructure » qu'il juge responsable des résultats économiques et sociaux « désastreux ». Il critique également le fonctionnement de certaines institutions, qu'il compare à un « fromage hollandais, rond à l’extérieur avec des trous à l’intérieur », évoquant des directions assurées par des intérimaires permanents, sans vision claire ni programme budgétisé. Il cite notamment les cas des ministères de la Formation professionnelle et de l'Industrie, dépourvus de ministres titulaires, et la situation de la SNH, où l'absence prolongée de l'Administrateur Directeur Général soulève des interrogations sur la gestion réelle de cette institution.
Bedzigui lance un appel à la classe politique, l'exhortant à dépasser les divisions et à s'unir pour barrer la voie au RDPC lors des prochaines élections locales. Il insiste sur la nécessité d'une « unification stratégique » pour bâtir un « Nouveau Cameroun », mettant en garde contre le risque de confirmer le jugement selon lequel « le Cameroun a l’opposition la plus bête du monde ».
Sa Majesté Célestin Bedzigui, Commandeur de l’Ordre de la Valeur, conclut sa tribune en assumant pleinement sa « responsabilité politique » et en se disant prêt à assumer les conséquences de sa prise de parole, citant Danton et sa condamnation à mort pour avoir exprimé ses convictions.
La sortie de Célestin Bedzigui intervient dans un contexte de fortes attentes de la population camerounaise, notamment en ce qui concerne la formation d'un nouveau gouvernement et la mise en œuvre de politiques publiques efficaces. Ses critiques acerbes témoignent d'un malaise profond quant à la direction actuelle du pays et appellent à une remise en question des pratiques de gouvernance.