Face à la prévalence persistante des violences basées sur le genre, l'Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ) organise une méga clinique juridique le 30 mars 2026. Cette initiative vise à informer, prévenir et accompagner les victimes de violences, offrant un espace d'écoute et de sensibilisation ouvert aux femmes, aux hommes et aux enfants.
L'événement se déroulera de 13h à 18h et abordera des thématiques cruciales telles que les droits des femmes et des veuves, l'égalité successorale, la prévention des violences et les sanctions légales contre les auteurs de ces actes. Dans un contexte où les violences restent largement sous-déclarées en raison de la peur et de la stigmatisation, cette clinique juridique vise à libérer la parole et à encourager le signalement des cas.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, près d'une femme sur trois est confrontée à la violence au cours de sa vie, soulignant l'urgence mondiale de cette problématique. Au Cameroun, les organisations féministes tirent la sonnette d'alarme face à la recrudescence des féminicides et aux failles du système judiciaire. En 2024, 69 cas de féminicides ont été recensés, contre 56 en 2023, soit une augmentation de 23,2 % en un an. Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille souligne que ces chiffres pourraient être sous-estimés, en raison de la peur, du silence familial, de la pression sociale et de la méfiance envers les institutions.
L'ACAFEJ, par cette action, s'inscrit dans une dynamique plus large de changement des mentalités et de mobilisation collective. Le Cameroun a marqué la Journée internationale de la femme 2026 sous le thème « Justice pour toutes les femmes et les filles », mettant en évidence les droits, l'accès à la justice et la protection. En janvier 2026, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a fourni 7 400 consultations en santé sexuelle et reproductive et a touché 4 699 personnes grâce à des séances de sensibilisation sur les violences basées sur le genre.
Le gouvernement camerounais travaille depuis 2023 sur un projet de loi relatif aux violences basées sur le genre, visant à renforcer la protection des victimes et à alourdir les sanctions. Une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre a également été adoptée, avec pour objectif de réduire de 50 % leur prévalence d'ici 2026. Malgré ces efforts, la violence persiste, soulignant un écart entre les engagements publics et la réalité quotidienne des femmes et des filles.
L'initiative de l'ACAFEJ représente un effort concret pour faire progresser l'accès à la justice et lutter contre l'impunité, dans un contexte où les violences faites aux femmes restent un défi majeur au Cameroun.