Au Cameroun, obtenir une carte nationale d'identité (CNI) a longtemps été un parcours du combattant. Des procédures administratives lentes, une bureaucratie complexe et des délais d'attente interminables sont le lot quotidien de nombreux citoyens. Cependant, un témoignage récent en provenance de Douala offre une lueur d'espoir : un usager a obtenu sa CNI en moins de six heures, sans intervention ni corruption.
L'expérience, relatée par l'usager lui-même, met en lumière le professionnalisme et le calme exceptionnels des agents du centre de production de Douala. L'accueil, la coordination et l'accompagnement ont été salués, avec une mention spéciale pour Abdel Karim et Alexander, deux agents qui ont incarné ce service d'exception. Ce qui rend cet événement particulièrement remarquable, c'est qu'il s'est déroulé sans favoritisme ni pots-de-vin, contrairement à la norme.
Cette rapidité contraste fortement avec les difficultés habituelles rencontrées par les Camerounais. La lenteur administrative est souvent due à des procédures obsolètes, à la saturation des infrastructures et à une culture du piston bien ancrée. La CNI, pourtant essentielle pour voter, voyager et accéder aux services publics, peut prendre des mois à être délivrée.
L'incident de Douala prouve qu'une administration efficace est possible. Il met en évidence l'importance d'agents formés, motivés et soutenus par une organisation fluide. La prise de données biométriques s'est faite rapidement, la transmission aux services de production a été maîtrisée, et la notification de retrait par SMS le jour même a parachevé un processus sans accroc.
Si ce cas isolé peut redonner confiance en l'administration, la question demeure : s'agit-il d'une simple exception ou d'un modèle à reproduire ? La modernisation administrative, passant par la numérisation, la formation continue et la reconnaissance des performances, est essentielle pour transformer l'exception en règle.
Depuis le 17 février 2025, le Cameroun a mis en place un système de pré-enregistrement en ligne via la plateforme www.idcam.cm, suivi d'un enrôlement physique dans les chefs-lieux régionaux à partir du 24 février. Les autorités ont promis la délivrance des CNI en 48 heures. Cependant, des préoccupations subsistent quant au coût total de la procédure et aux délais pour la capture biométrique après l'inscription en ligne.
En dépit de ces défis, l'expérience vécue par ce citoyen de Douala reste un symbole d'espoir. Reste à savoir si les Camerounais exigeront avec la même force que l'excellence devienne la norme, transformant ainsi un simple éclair en une aube nouvelle pour l'administration publique.