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Cameroun : Révision constitutionnelle contestée après la présidentielle de 2025

Le Cameroun s'apprête à examiner une révision constitutionnelle après une élection présidentielle contestée en 2025. L'opposition dénonce une manœuvre de verrouillage institutionnel par le pouvoir en

Cameroun : Révision constitutionnelle contestée après la présidentielle de 2025
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Le Cameroun se prépare à examiner un projet de révision constitutionnelle lors de la session parlementaire de mars 2026, dans un contexte post-électoral tendu [cite: source]. Cette révision survient après une élection présidentielle contestée en octobre 2025, où le président sortant, Paul Biya, 92 ans, a été déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel avec 53,66 % des voix. Son principal opposant, Issa Tchiroma Bakary, a recueilli 35,19 % des suffrages, mais a dénoncé des fraudes massives et revendique la victoire.

Des manifestations post-électorales ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Douala, Bafoussam et Garoua, opposant les partisans de l'opposition aux forces de l'ordre [cite: source]. L'ONU a rapporté le décès de 48 civils et 3 gendarmes, ainsi que l'arrestation de plus de 1200 personnes [cite: source]. Issa Tchiroma Bakary vit en exil en Gambie depuis lors [cite: source].

Selon L'Œil du Sahel, l'Assemblée nationale devrait élire son bureau dès l'ouverture de la session de mars 2026, une procédure inhabituelle [cite: source]. Ce changement vise à sécuriser l'instance qui contrôle l'ordre du jour et les commissions avant l'examen du projet de révision constitutionnelle [cite: source]. Cette manœuvre est perçue comme une stratégie de verrouillage institutionnel par l'exécutif [cite: source].

Le Cameroun est confronté à des fragilités institutionnelles, notamment l'absence de garde-fous constitutionnels solides, ce qui rend la succession potentiellement chaotique [cite: source]. Les longs mandats à la tête de l'État se sont souvent mal terminés dans d'autres pays africains, comme en Libye, au Gabon et au Tchad [cite: source]. Le pays est également confronté à la crise anglophone depuis 2016, à la corruption endémique et à une pauvreté touchant plus de 55 % de la population [cite: source].

L'élection anticipée du bureau de l'Assemblée nationale est considérée comme une tentative de contrôle de l'ordre du jour et des postes clés [cite: source]. La majorité présidentielle cherche à sécuriser ces leviers avant d'aborder une révision qui pourrait concerner la vice-présidence, le Sénat, la décentralisation ou le calendrier électoral [cite: source].

En 2018, Maurice Kamto avait déjà contesté les résultats de l'élection présidentielle et lancé un contentieux électoral devant le Conseil constitutionnel, suivi d'actes de désobéissance civile [cite: source]. Ses recours avaient échoué, entraînant l'arrestation et l'incarcération d'opposants [cite: source]. Le Conseil constitutionnel est régulièrement accusé de connivence avec le pouvoir en place [cite: source].

Paul Biya, âgé de 92 ans, est le chef d'État le plus âgé d'Afrique, et 60 % des jeunes Camerounais n'ont connu que lui comme président [cite: source]. En l'absence de successeur désigné, des factions du régime pourraient se disputer le pouvoir [cite: source]. L'armée pourrait également intervenir pour assurer la stabilité du pays en cas d'incertitude [cite: source].

Face aux spéculations sur sa santé, Paul Biya a intensifié sa présence sur les réseaux sociaux, une stratégie perçue comme artificielle par de nombreux internautes [cite: source]. La session parlementaire de mars 2026 est cruciale pour l'avenir institutionnel du Cameroun, avec en toile de fond la question de la légitimité d'une révision constitutionnelle issue d'une élection contestée [cite: source].

La révision constitutionnelle se prépare dans un contexte de contestation électorale et de fragilités institutionnelles. L'enjeu est de savoir si cette révision permettra d'adapter l'État aux défis futurs ou si elle vise à verrouiller un système en place depuis des décennies.